SNCF, la bataille du rail s’engage

Edouard Philippe a annoncé ce lundi 26 février sa méthode et son calendrier pour la réforme ferroviaire. Il annonce le recours aux ordonnances pour "certains aspects techniques" mais d'ores et déjà les syndicats sont vent debout. La menace de grève du 22 mars pourrait être précédée d'une grève proposée par la CFDT dès le 14. Les grandes lignes du projet du premier ministre.

Le chef du gouvernement souhaite "faire voter les principes clé avant l'été" pour sa réforme du rail, après une phase de concertation. Edouard Philippe a notamment confirmé le recours aux ordonnances pour la réforme du rail : "A la mi-mars, nous déposerons un projet de loi d'habilitation au Parlement". Il estime que le recours aux ordonnances lors de la réforme du Code du travail a "prouvé que cette méthode ne confisquait aucunement le dialogue".

En préambule, le chef du gouvernement a dressé une liste de constats sur la situation "intenable" et sur la "dégradation" du service public ferroviaire, plombé par la "dette". Pour lui, "Alors qu'il fonctionne de moins en moins bien, ce service public coûte de plus en plus cher aux Français. (…) Le statu quo n'est pas une option, car il menace le service public. Trop longtemps, on n'a pas osé réformer la SNCF". Le premier ministre veut proposer "un nouveau pacte ferroviaire entre la nation, la SNCF et les cheminots", avec notamment plus de ponctualité et des "trains plus nombreux là où ils sont nécessaires".

Edouard Philippe annonce une "profonde réforme sociale, industrielle et managériale", qui se fera "dans le dialogue" et "avec une obligation de résultats". Edouard Philippe assure que le gouvernement "ne prépare pas la privatisation de la SNCF", qui va devenir une "société nationale à capitaux publics", répondant ainsi à la préoccupation du Président de la SNCF Guillaume Pépy.

Quant au statut des cheminots, Edouard Philippe annonce qu'il entend réformer le "statut particulièrement rigide" des cheminots. "A l'avenir, il n'y aura plus de recrutement au statut." En revanche,"Cette réforme n'est pas une réforme sur la retraite des cheminots", assure le premier ministre, promettant que "rien ne concerne la retraite des cheminots" dans le projet du gouvernement.

Sur le nombre de lignes, alors que le rapport Spinetta suggérait de supprimer de petites lignes régionales, Edouard Philippe refuse d'engager "une réforme des petites lignes".

Les syndicats préparent leur réponse. Les fédérations CGT, Unsa, Sud et CFDT se réunissent ce mardi après-midi pour discuter de la réponse à apporter aux annonces du gouvernement.