Si les salariés de la SNCF espéraient faire durer le mouvement pour économiser leurs forces, et leur porte-monnaie, la SNCF ne l'entend manifestement pas de cette oreille. Alors que les syndicats entendent voir la retenue se faire, pour chaque jour de grève, à un trentième du salaire mensuel - comme le dit la loi de 1983 sur les fonctionnaires - la SNCF considère qu'il ne s'agit que d'un seul et unique mouvement de grève. "Elle estime justifié d'établir une retenue de salaire proportionnelle à la durée effective de la grève par rapport au temps qui aurait dû être travaillé", explique Bruno Serizay, du cabinet Capstan. Et dans la foulée, la ministre des transport Elisabeth Borne a expliqué jeudi sur Europe 1 que "les jours de grèves ne sont pas payés. Je pense que chacun le comprend", reprenant la position de la direction : "Je pense que les Français ont bien l'impression que c'est un mouvement de grève global. Les règles s'appliquent normalement". La SNCF ajoute que "ce n'est pas la première fois" qu'elle calcule de cette manière et que "c'était déjà le cas en 2016", lors d'un précédent mouvement.
"La direction met la pression pour décourager le mouvement, qui s'annonce très suivi dès lundi soir", déclare Roger Dillenseger, secrétaire général de l'Unsa-ferroviaire. "Nous considérons cette menace comme une réelle provocation. Pour nous, chaque préavis correspond à une grève différente. Il est hors de question de toucher au salaire des jours de repos. Nous allons attendre de voir le nombre de jours décomptés sur les feuilles de paie avant de réagir. Si besoin, cela finira devant la justice".




