Témoignage : Transavia est-elle « Business Travel Ready » ?

On en parle, on la voit et donc on l'essaye avant de la proposer aux voyageurs de l'entreprise. Je parle de Transavia, la filiale dite Low-Cost du groupe Air France, qui s'annonce comme une option crédible pour les déplacements des voyageurs d'affaires.

Côté préparation, la réservation au travers du SBT a posé problème (peut être notre paramétrage) mais le site web est là, et plutôt bien pensé. Côté pratique, Orly Sud, malgré les efforts de rafraîchissement et de mise à disposition de personnel par ADP, reste encombré et peu optimisé (peu de sièges libres, restauration dispendieuse…). L'embarquement est, quant à lui, chaotique et chronophage (attente à l'extérieur dans un pseudo couloir grillagée exposé au vent, au froid, au bruit...). Bref, pas très Business Friendly tout ça...

Embarquement pour Vérone (VRN), appareil très récent, équipage pro et souriant, pilotage parfait (à mon goût), siège confortable. Bref, rien à redire et une vraie bonne surprise. À voir si cela se confirme sur le VRN/ORY du 30/09.

Et là, tout se gâte car 3 heures avant le décollage, un SMS nous informe que notre vol est retardé d’un peu plus de...24 heures ! Retardé mais pas annulé. Une nuance.

Contact de la hotline aisé et cordial mais efficacité nulle puisqu'aucune solution autre que le remboursement du billet ne nous est proposée. Il faudra donc nous débrouiller par nous-même et aller sur Venise pour trouver un vol libre en ce vendredi bien chargé afin de prendre une liaison d'Easyjet (toujours là quand il faut !).

Arrivée à l'aéroport, nous faisons un test et tentons de prendre le vol Transavia VCE/ORY partant à 15h00 et là surprise, car nous n'étions pas les seuls à avoir eu cette idée. Pire, contrairement à ce que nous affirmait la hotline, de la disponibilité de dernière minute existe mais il est demandé aux passagers de payer le billet plein pot ! Malheureusement, nous ne sommes pas arrivés dans les premiers et il ne restait plus de place pour nous...

Dommage que Transavia ne soit pas totalement capable de jouer la carte Air France, sa maison mère, pour remettre les passagers sur d'autres vols du groupe (et pourtant, ils avaient de la place !). Pire, Transavia viole la loi européenne sur les devoirs des transporteurs aériens envers les passagers car elle ne propose pas d'alternative et n'a pas été proactive pour prendre en charge les personnes à transporter. Un vol reporté donne des obligations au transporteur.
De fait, les passagers visés par cette défaillance du transporteur sont en droit de réclamer réparation à la compagnie tel que le stipule le Règlement (CE) no 261/2004 du Parlement européen et du Conseil du 11 février 2004 établissant des règles communes en matière d'indemnisation et d'assistance des passagers en cas de refus d'embarquement et d'annulation ou de retard important d'un vol, et abrogeant le règlement (CEE) n° 295/91.

Alors non, pour l'heure Transavia n'est pas Business Ready car elle n’a pas été capable de gérer la problématique du voyageur d’affaires.

Yann le Goff

La réponse de Transavia par Hervé Kozar, Directeur Général Adjoint Commercial de la Compagnie

Tout d’abord, Transavia France est sincèrement désolée des désagréments rencontrés par M. Le Goff et les autres passagers du vol Vérone-Orly TO3355.

L’avion destiné à effectuer le vol a rencontré un problème technique, ce sont malheureusement des problématiques que rencontrent toutes les compagnies. La sécurité de nos passagers est notre priorité et nous avons préféré reporter ce vol.

Il est important de souligner que, comme l’exige la législation Européenne, nous avons proposé une compensation ainsi que le remboursement du vol aux passagers ayant décidé d’y renoncer, comme Monsieur Le Goff. La législation stipule qu’en cas d’annulation, la compagnie doit proposer un vol alternatif dans les 7 jours. Notre vol étant programmé le lendemain, nous respectons scrupuleusement la législation.

De plus, la proximité des aéroports de Venise et de Vérone nous a exceptionnellement permis de proposer un report sans frais sur le vol Venise - Paris à de nombreux passagers. Toutefois, nous n’avions pas de disponibilités pour tous les passagers, nous sommes désolés que Mr Le Goff n’ait pu en profiter.

Enfin, nous travaillons en effet aujourd’hui au sein du groupe pour améliorer les reprotections entre les différentes compagnies du groupe si la situation l’exige et en fonction des disponibilités bien évidemment.

La qualité de notre service et de notre relation clients est une de nos premières priorités. Nous sommes dans une réelle démarche d’amélioration continue pour satisfaire toujours mieux tous nos clients.

Hervé Kozar