Riffifi entre les EDV et Aigle Azur

A la suite d’une déclaration de Jean-Pierre Mas, l’administrateur judiciaire d’Aigle Azur nous demande la publication d’un droit de réponse. Le président des Entreprises du Voyage se montre également très critique envers l’ancien président Frantz Yvelin, le CIRI et surtout IATA.

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L’administrateur judiciaire désigné par le Tribunal de commerce d’Évry, dans le cadre du redressement judiciaire d’Aigle Azur, souhaite exercer son droit de réponse à la suite de la publication dans nos colonnes, en date du 6 septembre 2019, d’une déclaration du président des Entreprises du Voyage intitulé Aigle Azur : Jean-Pierre Mas (EDV) s’insurge contre l’arrêt brutal des vols.

«Monsieur Mas, président des Entreprises du Voyage, a critiqué publiquement la décision d’Aigle Azur de suspendre ses vols notamment pour des raisons de sécurité, à partir du 6 septembre au soir. Il estime que cette décision, qui a été prise en coordination avec les autorités françaises compétentes (notamment la DGAC), les responsables de la sécurité des vols, la cellule de crise d’Aigle Azur et son administrateur provisoire, en indiquant que « l’administrateur judiciaire a trompé les passagers et les agences de voyage ». L’administrateur judiciaire souhaite réagir et déplorer une telle déclaration qui est inappropriée. Il est inconcevable de faire voyager des passagers dans des conditions qui ne satisferaient pas les règles les plus sévères de sécurité et ce quel qu’en soit le coût. Le représentant d’une organisation professionnelle des entreprises du voyage et du tourisme ne peut pas l’ignorer.»

Les Entreprises du Voyage se montrent très critiques à l’égard d’autres protagonistes du dossier Aigle Azur, et pas seulement de l’administrateur judiciaire.

«Franz Yvelin, PDG d’Aigle Azur, a laissé croire que la trésorerie disponible permettrait de poursuivre les vols afin de rapatrier les clients. Cette attitude relève de l’escroquerie.

Le CIRI (Ministère de l’économie) qui suivait ce dossier s’est laissé anesthésier et n’a même pas été en mesure de faire rapatrier les fonds disponibles en Algérie».

Les EDV annoncent travailler sur toutes les pistes juridiques qui pourraient permettre de mettre en cause la responsabilité de l’administrateur judiciaire, ainsi que de IATA.

«IATA a suspendu Aigle Azur du BSP France le 7 septembre, puis, par une pirouette réglementaire dont elle a le secret a fait rétroagir cette suspension au 16 août, annulant ainsi toutes les opérations comptables intervenues pendant trois semaines, notamment les remboursements. Cette attitude, conforme à la Résolution 850F, prouve une nouvelle fois qu’en édictant elle-même les lois qui régissent ses rapports avec la distribution, IATA ne protège que les intérêts des compagnies aériennes et fait preuve d’un mépris condescendant à l’égard des distributeurs et des passagers.

Les relations de IATA avec les agences de voyages sont inéquitables et déséquilibrées. En s’opposant à toute forme de garantie les compagnies aériennes qui composent IATA sont co-responsables de cette situation insupportable.

– Comme nous le faisons depuis des années, nous mettons la pression sur IATA afin qu’elle impose à ses membres (compagnies aériennes) des garanties bancaires basées sur des critères bilanciels similaires à ceux qu’exige IATA des agences de voyages. Ou, que IATA ne libère les fonds déposés par les agences de voyages pour le compte des compagnies aériennes qu’une fois le voyage intégralement effectué.

– Nous intervenons fermement auprès des ministres concernés (Économie, Transport, Tourisme) afin qu’ils prévoient, dans le projet de loi sur le transport aérien, d’exiger des compagnies exerçant sur le marché français soit la constitution d’une « caisse de garantie », soit la souscription d’assurances garantissant les fonds déposés par les agences de voyages et les clients sur le même modèle que la garantie totale des fonds déposés par les clients exigée des agents de voyages pour leur immatriculation».