Cannes ou comment devenir la meilleure destination événementielle du monde (2/3) – La ville dont le maire est un pro de l’event

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Cannes ou comment devenir la meilleure destination événementielle du monde (2/3) - La ville dont le maire est un pro de l’event

Alors qu’à la fin de l’année 2023, Cannes a été gratifiée du World Travel Award de la meilleure destination événementielle pour la deuxième année consécutive, nous retraçons, à travers une série de trois articles, les raisons d’une réussite exceptionnelle.

Il s’appelle David Lisnard et il est maire de Cannes depuis 2014. Mais avant cela, à partir de 2001, il présida la SEMEC : Société d’économie mixte des événements cannois. C’est donc à la tête du Palais des Festivals - en même temps qu’il était deuxième adjoint de Bernard Brochand, chargé, entre autres, du tourisme et de l’événementiel - qu’il a sérieusement entamé le parcours qui le mènera au siège de premier édile. Par la suite, il occupera les fonctions de vice-président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, délégué au tourisme, puis président du comité régional du tourisme Côte d'Azur.

Ce résumé du pedigree du premier des Cannois met en lumière les liens étroits qu’entretiennent la ville, ses ambitions, son identité et le tourisme en général, le tourisme événementiel en particulier. Si l’on s’en tient aux chiffres bruts, ce dernier segment n’est pas renversant : sur les 3 millions de touristes accueillis à Cannes chaque année (dont 2 millions avec au moins une nuitée), seuls 10% sont des congressistes et festivaliers. Mais, bien sûr, leurs retombées sont tout autres que celles d’un touriste lambda en goguette : 1,3 Mds € en 2023 et des répercussions plus énormes encore en termes d’images (et de prescription : ce touriste lambda en goguette a peut-être été influencé par l’un de ces 300.000 congressistes/festivaliers).

Vaisseau-amiral

De cette stratégie municipale qui place l’événement au cœur de l’attractivité de la ville, le Palais des Festivals (PdF) est évidemment le vaisseau-amiral. Bruno Desloques, qui en assure la direction générale, détaille sa feuille de route qui consiste à rentabiliser l’outil 12 mois par an, et qui s’articule autour de trois axes : les congrès médicaux, la tenue concomitante de plusieurs événements (il donne l’exemple de la soirée de clôture de la dernière édition du salon Heavent, en même temps qu’un spectacle de danse grand public) et une fonction d’incubateur, de force de proposition pour les events de demain. A ce propos, il dit : “Nous avons initié le World AI Festival. A sa troisième édition, l’event a réuni 15.000 personnes, ce qui en fait le leader européen dans ce domaine”. On chuchote - sans que Bruno Desloques n’infirme, ni ne confirme - que la block chain pourrait constituer un nouveau chantier.

Les résultats sont là : alors que le PdF organisait 52 événements professionnels en 2019, en 2023, ce fut 10 de plus. En tout, cette année-là, ce sont 152 événements qui s’y sont déroulés, sur 320 jours. Avec, Bruno Desloques le reconnaît, un bénéfice tiré de la fermeture (avant destruction) de l’Acropolis de Nice, fin 2022. D’après le même, l’une des forces du PdF tient à son statut de société d’économie mixte : sa vocation n’est pas de “faire de l’argent” mais de faire rayonner la ville.

Binôme

Dès lors, Mairie et Palais marchent main dans la main. Et cette collaboration est nécessaire car la concurrence (Barcelone, Vienne, Paris, Barcelone, Amsterdam...) est rude. La ville en prend sa part, en travaux : 200 M€ d’investissements - incluant la rénovation complète de ces 2,6 km de la Croisette (entamée fin 2017 et qui verra son terme à l’été 2025) qui peuvent accuillir quelque 150.000  personnes les plus beaux soirs de festival. Auxquels s’ajoutent les 800 M€ d'origine privée, pour des projets parfois pharaoniques - ainsi le chantier Palm Beach, dont il sera question dans le troisième article de cette série. 

Et même quand Gilles Cima, adjoint au maire, en charge, notamment de l'attractivité, évoque, comme chantier en cours, le Centre d’art contemporain que deviendra la vieille demeure de la Malmaison (proche du Carlton), il ne peut s’empêcher d’ajouter que le roof top du bâtiment pourra accueillir des cocktails de 200 personnes. Événementiel, toujours.

Dans la série “Cannes ou comment devenir la meilleure destination événementielle du monde”, les épisodes à venir…