Cegid confirme l’acquisition de Notilus

“Avec Notilus, Cegid a vocation a être dans le Top 3 du Travel & Expense”
Jean-Baptiste Auzou (gauche), directeur BU Finance chez Cegid, et Gilles Bobichon, cofondateur de Notilus.

Le géant des solutions d'entreprise confirme ce jour la finalisation de son rachat de l'acteur Travel & Expense Notilus.

Annoncée le 25 mai dernier, l'acquisition de Notilus par Cegid est désormais finalisée. Pour un montant qui ne nous est pas communiqué, l'experte lyonnaise du Travel & Expense, filiale de Dimo Software (avec, comme produit-phare, l'ordre de mission), est donc devenue propriété d'un des leader des solutions pour entreprises (ERP, expertise comptable, RH...), elle aussi née entre Saône et Rhône (Jean-Michel Aulas, emblématique président de l'Olympique lyonnais, en fut le fondateur en 1983).

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Il y a un mois, nous nous étions demandé ce que pouvait bien augurer ce rachat. Notamment : cette acquisition traduisait-elle le souhait de Cegid de se diversifier au point de devenir un acteur du voyage d'affaires, au-delà de la fourniture d'un outil T&E. Pour l'heure, Cegid reste discret sur ses intentions...

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Mais Gilles Bobichon, cofondateur de Notilus en 1995, s'est récemment exprimé à ce sujet, à l'occasion de la dernière convention de l'AFTM. Sur les intérêts bien comptés des deux entités, ses propos étaient alors en mode lo-fi : pour Cegid, c'est l'enrichissement de son catalogue de solutions. Pour Notilus, l'accès à de nouveaux clients potentiels. On ne serait pas (encore) dans une resucée de l'épisode SAP/Concur.

Pour les étourdis : en 2014, le groupe allemand SAP, numéro un mondial des logiciels d'entreprise, rachète la société américaine de gestion des notes de frais Concur, et devient, par là même, l'un des acteurs majeurs du business travel sous le nom de SAP-Concur. Comme un air de déjà-vu mais, si Notilus devient "Notilus, A Cegid Company" (sic, majuscules comprises), on n'en est pas aux développements travel-centrés du couple germano-américain.

Ce potentiel client, Gilles Bobichon ne s'est pas contenté de l'évoquer, il l'a chiffré : "50.000 grosses PME et grands comptes, auxquels s'ajoutent 350.000 organisations plus petites". Une autre échelle que celle de Notilus et son millier de clients, dont, il est vrai, quelques belles boutiques : Acadomia, Atol Les Opticiens, Casino, Groupama, Groupe ADP, Legrand, Rossignol, Groupe Seb... Et une belle présence dans les structures publiques. Une autre échelle aussi concernant les 130 pays dans lesquels Cegid déploie ses solutions, et les 632 M€ générés annuellement. De quoi y adosser de belles ambitions de développement.

Du côté de Cegid, la communication présente l'acquisition de Notilus comme l'une des étapes de sa "stratégie au service des Directions financières, l’un de ses cinq marchés prioritaires (et qui) étend ainsi son portefeuille produit avec l’une des solutions leader sur le marché des T&E, et accompagne le développement de Notilus et de ses ventes en mode SaaS". Oui, bien sûr, ça veut tout et rien dire, c'est de la com, on en saura plus bientôt.

En attendant, une chose est sûre : les 138 salariés de Notilus s'ajoutent aux quelque 3.600 collaborateurs que compte Cegid. Quant au fondateur de l'entité achetée, Gilles Bobichon, il rejoint, comme ses équipes, la Business Unit Finance de son acheteur, sous la direction de Jean-Baptiste Auzou. Pour combien de temps ? Gilles Bobichon s'en tire par une pirouette dont le tapis d'impulsion/réception est tissé des fils de l'incertitude intrinsèque à l'existence.