Quand, en octobre 2025, Amex GBT et SAP Concur ont annoncé leur partenariat approfondi avec l’objectif de coproduire le SBT Complete, les interrogations des observateurs, dont DeplacementsPros s’est largement fait l’écho, étaient nombreuses. L’une d’entre elles, récurrentes et, pour certains, rhétoriques, concernait le sort de Neo.
Ces esprits sceptiques doutaient en effet de la capacité - autant dire : “de la volonté” - d’Amex GBT de mener de front les deux chantiers d’ampleur que constituent la coconstruction de Complete, donc, et les développements continus de l’outil maison, Neo, héritage du rachat de la Française KDS par la TMC américaine en 2016.
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En outre, depuis quelques mois, il se murmurait chez certains acteurs du business travel, dirigeants de TMC notamment, que, concernant Neo, Amex GBT se contentait désormais de gérer les affaires courantes. Comprendre : l’objectif n’est plus l’acquisition de clients mais la rétention des actuels. Comme une confirmation, un salarié de KDS nous a récemment confié : "En termes de développement, on ne fait plus que du display. Sur l’expense, notamment, on est presque au point mort".
PSE
Hypothèses et rumeurs ne sont que bruits de fond et ne constituent en rien une information. Une information, en voilà une, que nous a confirmée la direction EMEA d’Amex GBT suite à notre sollicitation. Nous reproduisons ici leurs mots : “Le 28 mai, KDS France a engagé une procédure de consultation auprès des représentants du personnel (CSE) concernant un plan de licenciement collectif (traduction de l’anglais, ndr) susceptible de toucher jusqu'à 40 postes. Les collaborateurs de l'entreprise ont été informés de cette démarche.”
Effectivement, selon nos sources, le 2 juin dernier, le CSE de KDS et la CGT ont signifié aux collaborateurs de KDS, de manière informelle (via un canal Teams), qu’un PSE était en cours.
Correctif par rapport à la déclaration reproduite plus haut : ce Plan de sauvegarde de l’emploi concerne soixante personnes, dont quarante en France (soit 16% des 250 employés hexagonaux). Interrogée, la direction a signifié aux représentants du personnel que ces suppressions de postes relevaient du “motif économique”, ce qui constitue une tautologie puisque c’est dans ce seul cas que le PSE est prévu par la loi.
Pour juger de la validité de ce motif, les représentants du personnels ont d’ores et déjà mandaté un expert-comptable et un avocat.
Pleinement engagé
“Amex GBT reste pleinement engagé à servir ses clients et à poursuivre son activité en France”, c’est la conclusion du statement qui nous a été transmis suite à notre sollicitation. On n’en attendait pas moins et, à vrai dire, on en attendait même un peu plus en termes de conviction, même s’il est compréhensible que, comme on nous le précise, “Nous (Amex GBT) ne sommes pas en mesure de commenter publiquement les détails de cette situation, dans le cadre d'une consultation confidentielle en cours avec le Comité Social et Économique”.
Reste qu’au-delà de l’inquiétude que cette mesure peut susciter auprès des collaborateurs, l’épisode est plutôt de nature à renforcer l’hypothèse d’un outil Neo dont on se contenterait de gérer les affaires courantes, sans perspectives de développements importants ni grande ambition commerciale.
Ces quarante départs français sont-ils des suppressions de postes ou des délocalisations dans des territoires à la main d'œuvre moins onéreuse ? Nous avons posé la question au board d’Amex GBT, sans naïveté, bien sûr : en sachant fort bien que si tel était le cas, on ne nous l’aurait pas dit. Mais les vingt “licenciements économiques” en dehors de la France, dont certains, selon nos informations, en Inde, donnent une sérieuse indication : il semblerait qu'il s’agit bien de suppressions sèches de soixante postes. Certes, au niveau global, cela reste marginal puisque KDS compterait quelque 1.500 collaborateurs. Mais le cœur du réacteur de Neo est en France : 16% des effectifs menacés, c’est bien le chiffre le plus significatif.
Pour celles et ceux - clients et partenaires - qui seraient effrayés par la perspective d’un Neo appelé à vivoter jusqu’à s’éteindre sans fleurs ni couronnes, il est possible, pour se rassurer, de se reporter aux propos de Yorick Charveriat, DG France d’Amex GBT, tenus lors d’une convention nationale de l’AFTM, le 20 novembre dernier : “Neo est là pour durer”. Dont acte.