Les prix des voyages d’affaires devraient rester orientés à la hausse au quatrième trimestre 2026, sans mouvement inflationniste uniforme. Selon le dernier "Travel Price Index" publié par Advito, le marché du voyage d'affaires reste marqué par une demande solide, notamment sur les déplacements premium, alors que les compagnies aériennes continuent de composer avec des capacités limitées, des coûts d’exploitation élevés et un environnement géopolitique incertain.
La classe affaires et les liaisons long-courriers concentrent la pression
Jusqu'à fin 2026, sur les liaisons internationales, les tarifs en classe affaires progresseraient dans toutes les grandes régions. L’Asie enregistrerait la plus forte hausse, à +9%, devant l’Afrique, l’Europe et l’Amérique latine (+6%). En classe économique, les évolutions seraient plus modérées, avec une hausse de +5% en Asie, de +4% en Amérique latine et de +2% en Europe.
Certaines liaisons apparaissent particulièrement exposées. Entre l’Asie et le Pacifique Sud-Ouest, les tarifs augmenteraient de 11% en classe affaires et de 9% en classe économique. Sur les liaisons entre l’Europe et l’Amérique du Nord, la hausse atteindrait respectivement 7% et 4%. Selon le rapport, le marché transatlantique reste porté par une forte demande premium entre les principaux centres économiques, notamment New York, Londres, Paris et Francfort.
En Europe, une hausse hôtelière généralisée
L’Europe aborde le quatrième trimestre avec une hausse hôtelière moyenne de 4,9%. Tous les marchés suivis par Advito progressent, avec des écarts importants selon les pays. L’Islande affiche la plus forte hausse, à +13,7%, devant le Portugal, à +11,6%, la Norvège, à +10,8%, et la Hongrie, à +10,7%. Les principaux marchés corporate européens évoluent de manière plus modérée, mais restent orientés à la hausse. Les tarifs hôteliers augmenteraient de 4,6% en France, de 5,5% en Italie, de 8,2% en Espagne, et de 9,4 % au Royaume-Uni.
> A lire aussi : L’Europe est la plus impactée par la hausse des tarifs aériens au Q3 2026 selon Advito
Sur le plan aérien, les entreprises européennes devraient surtout subir la pression des liaisons internationales. Les tarifs en classe affaires augmenteraient de 7% entre l’Europe et l’Afrique, de 7% vers l’Amérique du Nord et de 7% vers l’Amérique latine. La hausse atteindrait 5% vers l’Asie et 3% vers le Moyen-Orient. En classe économique, la progression serait plus limitée, avec toutefois +4% vers l’Amérique du Nord et +5% vers l’Amérique latine.
Côté ferroviaire, Advito prévoit une hausse de 3% en France, contre 6% aux Pays-Bas, 4% en Suisse, 1% en Italie et une stabilité en Espagne. La concurrence entre opérateurs contribue à limiter les hausses sur plusieurs marchés européens. En France, l’écart entre les tarifs ferroviaires et aériens peut renforcer l’intérêt du report modal sur certains trajets domestiques. Le rapport cite notamment le cas Paris-Marseille, où un billet TGV de dernière minute en seconde classe resterait plafonné à environ 150 euros, contre des tarifs aériens pouvant atteindre 300 euros avec Transavia et 600 euros avec Air France. Enfin, la location de voitures suit une tendance plus mesurée, avec une hausse de 4% en France, contre 5% au Royaume-Uni et en Espagne, 3% en Allemagne et 1% en Suède.
Des tarifs hôteliers très éloignés des moyennes régionales
De son côté, l’hôtellerie offre un tableau beaucoup plus fragmenté. Advito prévoit une hausse mondiale moyenne de 3,9%, mais cette donnée masque de très forts écarts. Les tarifs progresseraient de 10,3% en Amérique latine, de 9,3% dans le Pacifique Sud-Ouest et de 4,9% en Europe. À l’inverse, ils reculeraient de 5,2% au Moyen-Orient et de 1,2% en Asie.
> A lire aussi : Advito intègre les effets “non CO₂” pour affiner l'analyse des émissions aériennes
Les écarts apparaissent encore plus marqués à l’échelle nationale. La Colombie afficherait une hausse de 30,3%, devant le Myanmar à +16,9% et le Nigeria à +15,5%. À l’inverse, les Émirats arabes unis enregistreraient une baisse moyenne de 31,4%, le Qatar de 18,8% et l’Arabie saoudite de 9,3%.
Des stratégies achats à adapter au niveau local
Pour Advito, ces écarts rendent les moyennes mondiales peu pertinentes pour construire un budget ou une stratégie de sourcing. Les entreprises ont intérêt à concentrer leurs efforts sur les itinéraires et les villes qui pèsent réellement dans leurs dépenses, en particulier les liaisons intercontinentales et les marchés soumis à une forte saisonnalité événementielle. Le rapport recommande de renforcer l’achat anticipé, surtout sur les trajets long-courriers, et d’éviter une dépendance excessive à un seul transporteur ou à une seule alliance. La capacité à déplacer rapidement les volumes vers des fournisseurs alternatifs devient un levier de maîtrise des coûts et de gestion du risque.
Dans l’hôtellerie, Advito préconise une approche mixte. Les tarifs négociés statiques restent généralement plus performants dans les marchés à fort volume, tandis que les tarifs dynamiques peuvent trouver leur intérêt dans les villes secondaires ou lorsque le volume ne permet pas d’obtenir des conditions compétitives. Ils ne doivent toutefois pas remplacer systématiquement les accords négociés.