L'annonce, par Donald Trump, de la pause de 90 jours dans l'instauration de ses tarifs douaniers dissuasifs a eu lieu ce mercredi 10, jour de la présentation des résultats trimestriels. Mais gageons que s'ils avaient eu lieu un mois avant, ça n'aurait rien changé à la tendance générale : le voyage d'affaires est dans une situation attentiste, au mieux. Et cette pause de 90 jours remplace l'effarement par de l'incertitude, ce qui, en matière de business, n'est guère mieux.
Dans un récent édito, nous citions Scott Kirby, PDG de United Airlines, qui chiffrait l'impact des coupes budgétaires de l'État confiées à Elon Musk sur sa compagnie : "Le gouvernement représente 2% de notre activité. Les secteurs adjacents, tous les consultants et contrats associés, représentent probablement 2% à 3% supplémentaires. C'est en baisse d'environ 50% actuellement". Un "impact assez important à court terme", euphémisait-il.
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Mais revenons à Delta et aux témoignages de ses dirigeants, qui vont dans le même sens que celui de Scott Kirby... La compagnie d'Atlanta, qui avait pourtant démarré l'année sur une note positive avec une croissance à deux chiffres de ses voyages d'affaires, fait face à un brutal coup de frein. Le CEO Ed Bastian a évoqué "un changement de vitesse d'environ 10 points" entre le début de l'année et aujourd'hui, où la croissance est désormais nulle.
L'incertitude économique en cause
Les récentes annonces de Donald Trump à propos de l'élévation des droits de douane ont secoué les marchés et refroidi l'ardeur des entreprises à voyager. Glen Hauenstein, président de Delta, a précisé que "certaines entreprises industrielles touchées en première ligne par ces tarifs" ont déjà réduit leurs déplacements, l'industrie automobile, notamment, ayant "subi un impact disproportionné".
Si les voyages internationaux et les classes avant résistent pour l'instant, l'historique du secteur montre que les voyages d'affaires sont généralement les premiers sacrifiés en période d'incertitude. "Si nous continuons dans ce sentiment prolongé d'incertitude, il ne fait aucun doute que vous verrez des réductions continues dans les voyages d'affaires", a averti Ed Bastian.
Canada et Mexique dans le viseur
Pour s'adapter à cette nouvelle donne, Delta maintiendra sa capacité du second semestre 2025 au même niveau que l'année précédente, mais réduira le nombre de sièges en cabine principale sur les vols intérieurs. Les liaisons avec le Canada et le Mexique seront particulièrement touchées, ces deux pays ayant connu une baisse significative de la demande transfrontalière depuis les tensions commerciales avec les États-Unis.
Au premier trimestre, Delta a néanmoins enregistré un chiffre d'affaires passagers de 11,5 milliards de dollars (+3%) et un bénéfice net de 240 millions de dollars, contre 37 millions un an plus tôt. La compagnie reste prudente, prévoyant des revenus oscillant entre -2% et +2% par rapport à l'année précédente pour le trimestre en cours.
Qu’en sera-t-il pour le prochain ?