C'est une annonce qui change la donne dans la distribution ferroviaire d'affaires. Supertripper, l'agence de voyages d'entreprise issue de l'écosystème Marietton, a officialisé sa connexion directe avec Trenitalia France, une première pour une TMC sur le marché français. Le partenariat a été annoncé conjointement par Maxime Pialat, CEO de Supertripper, et Laurent Boissée, responsable commercial B2B de Trenitalia France. Derrière ce rapprochement, une stratégie claire : s'affranchir des intermédiaires, élargir l'offre ferroviaire et prendre de l'avance dans un marché en pleine recomposition.
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Une API sur mesure
Pour réaliser cette connexion, Supertripper a entièrement refondu son interface de réservation ferroviaire. L'objectif est de disposer d'un socle technique dispensant du recours à un agrégateur tiers : "On a vraiment refondu l'intégralité de notre interface train pour pouvoir intégrer en direct un maximum de fournisseurs", explique Maxime Pialat. Côté Trenitalia, l'opérateur a développé une API spécifique pour le marché français, et non une simple déclinaison d'un outil existant.
En pratique, cette architecture permet à Supertripper de réduire significativement ses délais d'intégration : là où un développement similaire prendrait six à sept mois chez un concurrent, la plateforme serait désormais en mesure d'être opérationnelle en un à deux mois. Un avantage concurrentiel que le CEO entend faire valoir à mesure que de nouveaux opérateurs s'inviteront sur le marché français.
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Certares en go-between
Pour Trenitalia France, ce partenariat représente une étape stratégique “extrêmement importante" dans le développement de la compagnie sur le marché français, où le voyage d'affaires constitue son "axe de développement premier" pour les deux années à venir, selon Laurent Boissée.
La connexion avec Supertripper s'inscrit dans un cadre plus large : Trenitalia France et le groupe Marietton (auquel appartient Supertripper) partagent le même actionnaire de référence, le fonds d'investissement américain Certares. Cette proximité capitalistique a, selon les deux parties, facilité et accéléré les discussions. "Certares est impliqué de façon très importante en France et c'est important pour nous d'être le premier connecté", confirme Maxime Pialat. La dynamique commerciale ne s'arrête pas là : Trenitalia prévoit de déployer son offre sur l'ensemble des réseaux Havas et Selectour à très court terme. Pour Laurent Boissée, l'ambition est posée clairement : faire de Trenitalia un acteur incontournable du voyage d'affaires en France.
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Europe
La connexion avec Trenitalia France ne se limite pas aux seules liaisons hexagonales. Le contrat couvre les trajets transfrontaliers jusqu'en Italie, avec l'intention déclarée d'étendre prochainement l'accord au réseau interne italien. À terme, c'est une couverture ferroviaire paneuropéenne que Supertripper entend proposer à ses clients corporate. La plateforme référence déjà Eurostar ainsi que Ouigo, les TER, et Lyria. La SNCF reste quant à elle un partenaire central.
"La concurrence, finalement, a du bon", observe Maxime Pialat, qui y voit un levier pour "tirer les prix vers le bas" et hausser le niveau de service. Interrogé sur la possibilité de recourir à un agrégateur comme Trainline pour accélérer les intégrations, le CEO balaie l'option : "Quand vous rajoutez un intermédiaire, vous entachez votre rémunération et vous n'avez pas la main sur votre distribution." Une posture cohérente avec l'ADN de Supertripper, qui s'inscrit dans la lignée d'une première percée en 2019, lorsque la plateforme avait digitalisé la modification et l'annulation des billets de train.
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