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Un peu d’oxygène pour CTM : l’IATA libère une garantie de 65 M$

L’IATA rétablit les conditions de règlement antérieures de Corporate Travel Management. Une décision qui améliore la trésorerie de la TMC australienne, toujours engagée dans la résolution de sa crise comptable au Royaume-Uni.

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David Keller

David Keller

22 octobre 20263 min de lecture

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© AdobeStock

Un nouveau verrou saute pour Corporate Travel Management (CTM). Le 20 octobre 2026, le groupe australien a annoncé que l’Association internationale du Transport aérien (IATA) avait libéré sa garantie financière de 65 millions de dollars et rétabli ses anciens cycles de règlement. Une évolution qui desserre la contrainte sur sa trésorerie, près d’un an après la mise en place de mesures temporaires dans le contexte de ses pratiques irrégulières au Royaume-Uni.

Un effet attendu de 30 M$ sur le fonds de roulement

Les dispositions exceptionnelles avaient été instaurées en décembre 2025, pendant la finalisation des comptes de l’exercice 2025. Elles combinaient une garantie financière renforcée et des cycles de règlement modifiés. Leur remplacement par les conditions antérieures devrait améliorer le fonds de roulement de CTM d’environ 30 millions de dollars, selon l’entreprise.

La TMC indique que l’IATA a pris cette décision après avoir achevé sa dernière évaluation financière du groupe. Sa directrice générale, Ana Pedersen, y voit une étape importante et souligne que les mesures temporaires n’ont provoqué, selon CTM, aucune interruption de la billetterie ni des prestations aux clients.

Cette décision constitue un signal favorable pour les opérations de la TMC : la libération de la garantie réduit les sommes immobilisées, tandis que le retour aux anciens délais de règlement doit faciliter la gestion quotidienne des flux de trésorerie. Elle ne constitue toutefois ni une validation générale de la situation financière du groupe ni une clôture de l’ensemble des conséquences de la crise.

Le scandale britannique reste un dossier majeur

La crise trouve son origine dans des pratiques irrégulières au sein de la filiale britannique de CTM. Une enquête menée par KPMG a mis au jour des remboursements qui n’auraient pas été reversés aux clients, des trop-perçus conservés par l’entreprise, des modifications unilatérales de contrats et des surfacturations injustifiées. Le passif estimé a atteint 118 millions de livres sterling, couvrant les exercices 2019 à 2025.

> Lire aussi : CTM : un scandale à 118 millions de livres

CTM a ensuite engagé des négociations avec ses clients pour organiser les remboursements. En août 2026, le groupe indiquait avoir reçu des offres fermes couvrant des clients représentant 86% du passif estimé. Les accords alors annoncés prévoyaient 87 millions de livres de remboursements, dont 11 millions déjà versés, le solde devant être réglé par tranches jusqu’au 30 septembre 2027. Les discussions se poursuivaient pour les sommes restantes.

> Lire aussi : Pratiques irrégulières : CTM progresse dans la résolution de son scandale comptable au Royaume-Uni

La publication des comptes audités avait, elle aussi, été retardée à plusieurs reprises, le groupe devant notamment avancer sur les accords avec les clients, le financement de ses obligations et les procédures d’audit.

> Lire aussi : CTM reporte la publication de ses comptes révisés à août 2026

Une sortie de crise encore à consolider

La libération de la garantie intervient alors que CTM cherche également à restaurer la confiance de ses clients britanniques et européens. La nomination de Stewart Harvey à la tête de sa division Royaume-Uni et Europe, effective le 7 septembre 2026, s’inscrit dans cette volonté de stabilisation. Ancien dirigeant de HRG et de BCD Travel, il doit contribuer à reconstruire les relations commerciales et la réputation du groupe sur un marché directement touché par les révélations.

> Lire aussi : CTM mise sur Stewart Harvey pour sortir de sa crise britannique

Pour les clients et les partenaires de CTM, le rétablissement des conditions de règlement est une évolution concrète : il réduit une contrainte financière qui pesait sur l’activité. Mais l’enjeu dépasse désormais la seule liquidité. La TMC doit honorer les remboursements convenus, démontrer la fiabilité de ses contrôles et préserver la confiance dans ses opérations. La décision de l’IATA marque une avancée dans ce processus, sans suffire à elle seule à tourner la page du scandale.

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