En ouverture de la conférence mondiale sur la sécurité et les opérations, organisée à Istanbul, Mark Searle, directeur de la sécurité de l'IATA, assure que voyager en avion n'a jamais été aussi sûr. En 10 ans, le taux d'accidents mortels a significativement reculé, passant d'un accident pour 3,5 millions de vols à un pour 5,6 millions. Un progrès considérable, que les 394 décès enregistrés en 2025 suffisent pourtant à relativiser. « Chaque décès renforce notre détermination à mieux faire », a déclaré Mark Searle. Et selon le directeur de la sécurité, la prochaine avancée ne viendra pas d'une seule innovation, mais de la convergence entre les hommes, les technologies et les normes.
L'IA comme outil, pas comme réponse
Sur le volet technologique, les attentes sont fortes, mais les mises en garde tout autant. L'IATA reconnaît le potentiel de l'IA pour détecter les risques plus rapidement, affiner la prise de décision et anticiper les incidents avant qu'ils ne deviennent des accidents. Cependant, l'association pose 3 conditions à l'adoption de toute nouvelle technologie : elle doit aider les professionnels à mieux comprendre leur environnement, améliorer leurs décisions, et ne pas fragiliser les opérations si elle venait à défaillir, indique un communiqué.
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Cette exigence n'est pas théorique : la multiplication des interférences avec les systèmes de navigation par satellite (GNSS) a rappelé que la technologie peut être compromise, brouillée ou trompeuse. « Le système d'aviation doit demeurer résilient lorsque la technologie n'est pas disponible, se dégrade ou fournit une information trompeuse », a-t-il insisté. En résumé : la technologie doit augmenter le jugement humain, non le remplacer.
Le défi générationnel
Selon l'IATA, ce positionnement prend tout son sens dans le contexte de renouvellement profond des équipes que traverse aujourd'hui le secteur. Une nouvelle génération de professionnels, formée à l'ère numérique, intègre progressivement les compagnies aériennes, les contrôleurs aériens et les régulateurs. L'enjeu est de transférer les décennies d'expertise opérationnelle accumulées par les anciens, tout en capitalisant sur les compétences numériques et la maîtrise de l'IA que ces nouveaux entrants apportent avec eux. Au-delà des compétences techniques, la culture de sécurité elle-même doit être transmise. « Nous avons passé des décennies à bâtir une chose vraiment rare : une culture de la sécurité positive dans laquelle les gens signalent leurs propres erreurs, et elles deviennent pour tous des occasions d'apprendre. Il est essentiel que la génération qui arrive prenne le relais et bâtisse sur ce que nous avons accompli », a souligné le directeur de la sécurité de l'IATA.
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Des normes à mieux appliquer, pas à multiplier
Sur le terrain des standards internationaux, l'IATA assure que les accidents les plus graves ne résultent pas d'un manque de normes, mais d'une application incohérente de celles qui existent déjà. Pour Mark Searle : « Le prochain changement dans le domaine de la sécurité ne proviendra pas de la création de plus de normes. Il proviendra de la cohérence dans la compréhension, l'application et la surveillance des normes que nous avons déjà ».
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La priorité est donc de concentrer les ressources de surveillance là où les risques sont les plus élevés, de renforcer la conformité des États à leurs obligations internationales, notamment en matière de zones de conflit et de rapports d'accident, et de moderniser les exigences existantes pour les adapter aux réalités opérationnelles d'aujourd'hui. « Les gens, les technologies et les normes doivent se renforcer mutuellement. Si l'un de ces trois piliers faiblit, la résilience de tout le système est réduite », conclu le directeur de la sécurité de l'IATA.