Et maintenant, la corrosion ! Les galères de Boeing n’en finissent pas

L’agence américaine de régulation de l’aviation a ordonné des contrôles sur certains Boeing qui supporteraient mal le repos forcé dû à la crise sanitaire.

2020, annus horribilis pour l’aéronautique, c’est entendu. Mais c’est peut-être Boeing qui paye le plus lourd tribut dans cette période noire. Car en plus du contexte qui s’impose à tous, le constructeur américain a maille à partir avec ces propres déboires.

Une lueur apparaissait faiblement au bout du tunnel dans lequel Boeing est engagé depuis les deux crash de ses 737 MAX, à l’automne 2018 et au printemps 2019 : à l’issue d’une série de tests, il était probable que l’aéronef incriminé reprendrait les airs cette année.

Patatras ! C’est désormais la résistance de ses avions à la corrosion qui est en cause… L’agence américaine de régulation de l’aviation (Federal aviation Administration, FAA) a recueilli « quatre récents rapports de pannes de réacteurs liées à des soupapes de contrôle (…) coincées en position ouverte ».

C’est l’arrêt des vols prolongé, dû à la crise sanitaire, qui serait à l’origine de cette corrosion affectant la soupape des 737 NG et Classic. En conséquence, la FAA a ordonné l’inspection d’environ 2.000 de ces appareils n’ayant pas volé depuis au moins sept jours.

L’agence explique l’enjeu : « Si cette soupape s’ouvre normalement à la puissance de décollage, elle peut se coincer en position ouverte pendant le vol et ne pas se fermer lorsque la puissance est réduite au début de la descente, entraînant un décrochage irréversible du compresseur et l’impossibilité de redémarrer le moteur (ce qui pourrait) conduire à un atterrissage d’urgence« .

Effectivement, autre chose qu’un petit point de rouille sur la carlingue. Précision : c’est bien sûr cette même FAA qui doit donner son feu vert à la reprise des vols du 737 MAX. Et le fait que, dans ce contexte, l’avionneur annonce (ce mercredi 28 juillet) l’arrêt de la production de son mythique « Jumbo Jet » 747 en 2022 apparaît comme la fin d’un âge d’or.