Le groupe allemand et le syndicat Verdi sont parvenus à un accord prévoyant une augmentation salariale de 4,6% pour plus de 20.000 employés au sol.
À l'issue de négociations intensives, la direction du groupe et le syndicat Verdi ont acté une nouvelle convention collective (VTV) pour plus de 20.000 membres du personnel au sol en Allemagne. Cet accord, qui couvre près d'un cinquième des effectifs totaux du groupe, prévoit une revalorisation salariale de 4,6% échelonnée en deux étapes sur une durée minimale de 26 mois. Dans le détail, les modalités d'application varient selon les entités pour s'adapter à la réalité financière de chacune. Pour Lufthansa Technik et Lufthansa Cargo, une première hausse de 2,2% s'applique avec effet rétroactif au 1er janvier 2026, suivie d'une seconde augmentation de 2,4% au 1er mars 2027. Concernant Deutsche Lufthansa AG, la première revalorisation de 2,2% est différée au 1er janvier 2027, avant la seconde hausse de 2,4% prévue également au 1er mars 2027.
Michael Niggemann, membre du directoire en charge des ressources humaines, a salué un "bon compromis" obtenu à la table des négociations, soulignant qu'il a été atteint "sans mouvement social et sans pénaliser nos clients ou causer de perturbations économiques supplémentaires". Cette précision est loin d'être anodine. La conclusion de cet accord marque une rupture avec le climat social tendu au sein de la compagnie. Il y a quelques semaines à peine, le groupe devait faire face à la grève de ses pilotes les 12 et 13 mars, entraînant d'importantes perturbations opérationnelles.
Un "talon d'Achille géopolitique" anticipé par les partenaires sociaux
Le décalage de la première hausse de salaire pour le personnel de Deutsche Lufthansa AG s'explique, selon la direction, par la "situation économique difficile de Lufthansa Airlines". Si le groupe a pu célébrer des résultats qu'il a qualifié "d'exceptionnels", il a simultanément alerté sur un "talon d'Achille" géopolitique malgré une année 2025 historique. Conscients de cette vulnérabilité face aux crises internationales, la direction et le syndicat Verdi ont inclus une clause de sauvegarde dans leur accord. Les deux parties se sont engagées à coordonner d'éventuelles mesures de crise pour préserver les emplois si l'impact des conflits géopolitiques sur le groupe venait à s'intensifier.