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Face à la concurrence mondiale, ADP engage sa révolution

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

19 février 20264 min de lecture

ADP
ADP© ML

Un an après sa prise de fonction, la nouvelle équipe dirigeante du groupe ADP dresse un premier bilan marqué par des résultats financiers solides et une rupture culturelle assumée. Si 2025 fut l'année des fondations, 2026 s'annonce comme celle de la transition opérationnelle pour préparer le groupe aéroportuaire au « choc » de modernité prévu dès 2027.

C’est un changement de méthode autant que de cap. Douze mois après son arrivée aux commandes, Philippe Pascal a profité de la présentation des résultats annuels 2025 pour réaffirmer sa vision. Fini le temps où Paris pouvait se contenter d'attendre les passagers grâce à sa position dominante. Pour Philippe Pascal, PDG du groupe ADP, il est urgent de changer de culture pour affronter une concurrence mondiale qui "ne nous attendra pas."

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Mais le défi est aussi interne puisqu'il s'agit pour les plateformes parisiennes de s'aligner sur la dynamique et l'agilité des actifs internationaux du groupe. Un basculement symbolique vient d'ailleurs de s'opérer : l'aéroport de Delhi (GMR), filiale du groupe, a dépassé CDG en trafic, devenant la première plateforme d'ADP et imposant, par ses projets de modernisation (comme à Antalya ou Tbilissi), un nouveau standard de croissance auquel Paris doit désormais se hisser.

Un résultat net de 382 millions d'euros en 2025

Cette transformation passe par une stratégie de « fondation » et livre des résultats 2025 encourageants. Porté par le trafic international et une hausse des tarifs, le chiffre d’affaires du groupe grimpe de 8,9% par rapport à 2024, pour atteindre 6,7 milliards d’euros. L’EBITDA suit cette dynamique avec une croissance à deux chiffres (+12,3 %) et s'établit à 2,3 milliards d'euros, permettant au groupe d'afficher un ratio d'endettement maîtrisé de 3,7 fois l'EBITDA. Toutefois, le résultat net, bien qu'en hausse de 11,7% (382 millions d'euros), reste en deçà des niveaux pré-Covid, pénalisé par des effets de change défavorables et le poids de la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises, rappelle Christelle de Robillard, directrice générale adjointe en charge des finances, de la stratégie et du développement.

Un plan de 8,4 milliards pour « bâtir moins mais mieux »

Au-delà des chiffres, c’est le projet industriel qui cristallise les attentions. Justine Coutard, Directrice générale déléguée, a tenu à rappeler les grands axes du plan d’investissement de 8,4 milliards d’euros, pierre angulaire de la proposition de Contrat de Régulation Économique (CRE) pour la période 2027-2034. L’heure n’est plus au gigantisme, mais à une approche « millimétrée » visant à corriger l’existant. L’objectif : réussir à imbriquer de nouvelles infrastructures dans l'environnement actuel pour améliorer le parcours passager, notamment via la refonte des terminaux à Charles de Gaulle prévue pour mars 2027. Cette ambition répond à une nécessité vitale pour les aéroports parisiens, qui est celle de tenir le rythme imposé par les standards internationaux. 

Cette volonté de transformation se heurte néanmoins à une réalité réglementaire plus complexe que prévue. L'Autorité de Régulation des Transports (ART) a rejeté par deux fois la proposition de hausse tarifaire des redevances pour 2026, se concluant par un gel de ces dernières (ce que proposait déjà ADP dans sa seconde proposition). Un mauvais signal envoyé par l'Autorité qui doit prochainement valider le CRE du groupe, portant sur la période 2027-2034.

Questionnée à ce sujet, la direction se veut confiante sur l'issue des négociations. "Nous avons reçu un avis favorable des compagnies aériennes concernées et l'ART reste soumise au calendrier de l'Etat. Est-ce que le projet peut évoluer ? Bien sûr, mais il a déjà fait l'objet de nombreuses concertations. Sur le plan industriel, il ne devrait pas y avoir de modifications majeures, plutôt une adaptation marginale de certains éléments", explique Philippe Pascal. Le PDG du gestionnaire aéroportuaire martèle : "Il faut avoir en tête qu'il faut aller vite si l'on ne souhaite pas se faire doubler par la concurrence internationale. Nous sommes encore dans la course, mais il ne faut pas prendre de retard". 

2026, année charnière avant le nouveau cycle

L'année qui s'ouvre sera donc celle de la mise en place opérationnelle avant le grand démarrage du nouveau plan stratégique en 2027. Les défis ne manquent pas, à commencer par le déploiement du système d'entrée-sortie européen (EES), pour lequel ADP privilégie une approche progressive et pragmatique afin d'éviter la paralysie des flux. Parallèlement, le groupe devra accompagner la montée en puissance rapide de Transavia à Orly, qui récupère l'intégralité des créneaux cédés par Air France en mars prochain, redessinant ainsi le paysage du trafic domestique et européen.

Dans un contexte où les taxes (dont la TSBA) pèsent sur la croissance du trafic, la rentabilité des compagnies et où la géopolitique fragilise certaines zones clés, ADP fait le pari de la montée en gamme et de l'international. Avec une démographie de voyageurs qui rajeunit mais qui exige une expérience « premium », le groupe engage une course contre la montre pour prendre le leadership européen. Comme l'a résumé à plusieurs reprises le dirigeant du groupe, 2025 fut une année de fondations et 2026 celle du passage à l'action, un tremplin nécessaire pour opérer la bascule vers le « nouveau Paris » dès 2027.

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