Ryanair va retirer six avions de Belgique, supprimer vingt lignes et réduire de 1,1 million le nombre de sièges proposés au départ de Charleroi et de Bruxelles durant la saison hiver 2026. Cette annonce, datant du 20 octobre, vient actualiser une décision communiquée dès décembre 2025, lorsque le transporteur avait déjà annoncé la suppression d’un million de sièges et le retrait de cinq avions de sa base de Charleroi.
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La répartition des suppressions reste largement identique à celle annoncée l’an dernier : à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem, Ryanair supprimera 7 destinations et ne conservera plus qu’une liaison, vers Dublin. À Charleroi, 13 lignes seront retirées et la flotte de la compagnie sera ramenée à 13 appareils pour la saison hivernale. Cette réduction devrait entraîner la disparition de 200 emplois basés sur la plateforme wallonne, indique la low cost à travers un communiqué.
La hausse des taxes comme principale responsable
La décision est présentée par Ryanair comme une conséquence directe de la hausse de la taxe fédérale sur les billets d’avion. Celle-ci s’élève actuellement à 5 euros et passera à 7 euros au 1er janvier 2027 pour les vols internationaux compris entre 500 et 3.500 kilomètres. Le gouvernement fédéral avait initialement prévu de porter cette taxe à 10 euros, avant de revoir son projet à la suite de discussions avec les autorités wallonnes et les acteurs du secteur aérien. Dans sa communication, Ryanair compare le futur montant de 7 euros aux 2 euros appliqués en 2025 et parle d’une hausse de 250%. La low cost estime que cette évolution pénalise « la compétitivité des aéroports belges face à plusieurs marchés européens ayant supprimé ou allégé leur fiscalité aérienne. » En décembre dernier, elle dénonçait déjà la perspective d’une taxe fédérale portée à 10 euros, à laquelle pouvait s’ajouter une taxe communale de 3 euros par passager au départ de Charleroi.
L’annonce d’octobre constitue donc la concrétisation et la mise à jour d’une menace formulée depuis plusieurs mois, plutôt qu’un désengagement entièrement nouveau. En juillet dernier, après l’accord fédéral ramenant la taxe à 7 euros, Ryanair avait de nouveau annoncé le retrait de cinq avions et une réduction pouvant atteindre 2 millions de sièges en Belgique sur les saisons hiver 2026 et été 2027. Le programme hivernal finalement présenté porte sur six avions et 1,1 million de sièges, tandis que la compagnie prévient qu’elle pourrait réduire encore son offre l’été prochain si la fiscalité actuelle est maintenue.
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Le gouvernement wallon a regretté cette décision et s’est inquiété des conséquences pour la compétitivité de l’aéroport de Charleroi ainsi que pour les emplois qui en dépendent. Dans une réaction commune, le ministre-président wallon Adrien Dolimont et la ministre chargée des Aéroports, Cécile Neven, ont estimé qu’une hausse continue de la fiscalité risquait de déplacer les passagers et l’activité vers les plateformes des pays voisins, sans garantir de bénéfice environnemental. Ils plaident pour une régulation commune à l’échelle européenne et demandent à l’aéroport de poursuivre ses discussions avec Ryanair tout en accélérant la diversification de ses activités.
Une stratégie qui devient habituelle chez Ryanair
Cette politique de réduction de capacité s’inscrit dans la stratégie habituelle de Ryanair, qui ajuste rapidement ses programmes en fonction des coûts aéroportuaires et de la fiscalité locale. La compagnie a récemment appliqué une logique comparable en Allemagne, où elle a partiellement rétabli des capacités après l’annonce d’un allègement fiscal, et en Lituanie, où elle a limité sa croissance en raison de la hausse des redevances à Vilnius. Elle a également annoncé son retrait de l’aéroport de Clermont-Ferrand, où la suppression de trois lignes doit représenter environ 40% du trafic de la plateforme.
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La compagnie évolue par ailleurs dans un environnement marqué par la hausse de ses coûts d’exploitation. Michael O’Leary estime que les prix du carburant pourraient rester très élevés pendant encore 12 à 18 mois, ce qui devrait peser sur les tarifs et les marges des transporteurs. Ryanair a toutefois publié des résultats records pour son exercice 2025-2026, avec un bénéfice de 2,26 milliards d’euros et 208,4 millions de passagers transportés. Ryanair affirme enfin qu’un abandon de la taxe lui permettrait d’envisager l’ouverture d’une centaine de nouvelles destinations en Belgique et la création d’un millier d’emplois. À court terme, le marché belge devra surtout composer avec une offre réduite, après plusieurs mois de bras de fer entre Ryanair, les aéroports et les autorités fédérales et régionales.