Juniac plaide pour des privatisations d’aéroport « encadrées »

Pour ou contre la privatisation d'ADP ? Dans une tribune en anglais publiée sur son blog Iata, l'ancien patron d'Air France Alexandre de Juniac ne s'oppose pas au principe d'une privatisation mais plaide pour le bon encadrement, pour éviter la hausse des coûts.

Le billet de ce blog tombe en pleine actualité et alors que la ministre Elisabeth Borne semblait écarter l'idée de la privatisation d'une infrastructure stratégique, que Jean-Marc Janaillac s'inquiétait des perspectives financières, l'ancien patron d'Air France/KLM prend la plume pour demander un meilleur encadrement des acteurs privés. Pourquoi ? Parce que si la privatisation des compagnies aériennes a provoqué une baisse des prix liée à la concurrence, les aéroports se retrouvent eux, mécaniquement, en situation de monopole : "Les voyageurs choisissent leur destination et la compagnie aérienne pour les y emmener. Ce n'est que dans de rares cas qu'ils ont un véritable choix d'aéroports", souligne le patron de Iata.

"En fait, les compagnies aériennes espéraient vivement que la gestion des aéroports par le secteur privé ferait mieux. Et nous avions tort. Le résultat de la privatisation des aéroports, comme l'admet ACI-Europe, a en effet été des coûts plus élevés pour les utilisateurs-voyageurs et les compagnies aériennes", reconnait Alexandre de Juniac, "Ce n'est pas parce que les hausses de prix sont inévitables dans un environnement privatisé. C'est parce que la privatisation de ces services monopolistiques essentiels n'a pas été accompagnée d'une surveillance réglementaire appropriée. (...) Les aéroports sont des monopoles et il est difficile de penser qu'une concurrence significative disciplinera un jour leurs coûts ou la qualité de leurs services. Pour éviter la spirale des coûts qui nuira aux collectivités mêmes que les aéroports sont censés desservir, il faut une gouvernance et une surveillance réglementaire appropriées et efficaces.

Pour le patron de Iata, "Il s'agit d'une lacune dans les nombreux aéroports déjà privatisés" qui insiste : "Le bilan (des privatisations antérieures) devrait mettre les gouvernements en garde contre les privatisations futures".