Les grèves ont coûté 790 millions d’euros à la SNCF

La grève perlée des cheminots entre mars et juin 2018 a compliqué le quotidien de bon nombre de voyageurs d'affaires et d'entreprises. Sans grande surprise, ce mouvement social n'a pas été sans conséquence, non plus, pour la compagnie ferroviaire. Selon un document interne obtenu par l'AFP, la SNCF a perdu 790 millions d'euros.

La facture des 37 journées de grève des cheminots est salée pour la SNCF. Selon un document interne, elle a coûté 790 millions d'euros au groupe, soit plus de 21 millions par jour. Cette perte est ainsi supérieure au bénéfice net affiché par l'entreprise en 2017 (679 millions d'euros).

Dans le détail, les passagers et les entreprises s'étant détournés des trains pendant les perturbations, la SNCF a perdu 600 millions de recettes pour les activités voyageurs et 60 millions de ventes pour le fret. Elle a également enregistré une diminution des contributions de la part des autorités organisatrices de transports liées à des baisses de refacturation des péages.

Par ailleurs, la compagnie ferroviaire a versé au total 160 millions d'euros de dédommagements aux usagers impactés. Elle a aussi déboursé 40 millions d'euros pour offrir des alternatives à ses clients comme des bus de substitution.

En revanche, elle a vu ses charges réduites de 140 millions d'euros. Il s'agit principalement des retenues sur salaire des grévistes.

La SNCF a confirmé à l'AFP les données présentées dans le document interne. "Le coût total de la grève reflète à la fois les pertes de chiffre d'affaires subies par l'entreprise mais aussi le montant sans précédent de 160 millions d'euros de mesures commerciales décidées par la SNCF pour accompagner ses clients et limiter l'impact financier de la grève sur ces derniers", a expliqué un responsable.

La compagnie ferroviaire n'a pas été la seule à avoir enregistré un manque à gagner à cause de ce mouvement. Il a coûté 100 millions d'euros aux hôteliers. Néanmoins, l'Insee a estimé de son côté que l'impact économique de la grève perlée des cheminots avait été relatif "tout au plus 0,1 point de PIB".