Baromètre EPSA : à année exceptionnelle, résultats exceptionnels

A l’occasion du Grand Live du Voyage d’Affaires, FCM et EPSA ont dévoilé leur baromètre annuel pour l’année 2020. Des problématiques et des chiffres représentatifs des conséquences de la pandémie mondiale sur le secteur. 

L’année 2020 a été marquée par l’arrivée du coronavirus et sa propagation a amené de nombreuses entreprises à  mettre en place des restrictions en matière de sécurité sanitaire et ce, bien avant le premier confinement. « Le premier confinement a été le premier coup de massue. Après l’été, l’espoir était bien présent mais les nouvelles restrictions et le second confinement ont balayé tout espoir de reprise », commente Stéphane Lormant, Sales and Marketing Director chez FCM. « Cette année 2020 a été rythmée par de nombreux mouvements et il a fallu être adaptable, revoir ses certitudes et être extrêmement solidaire », ajoute Ziad Minkara, Directeur Général chez CDS Groupe. L’ industrie du voyage d’Affaires a connu une véritable « chute libre », avec une dépense T&E qui se situe entre 8,3 et 11,4 milliards d’euros en 2020, contre 30 milliards en 2019. 

Suite au premier confinement, 41% des sondés déclarent avoir recommencé à voyager en France, mais la reprise est complexe. En effet, 33% d’entre-deux craignent les aléas du voyage et les risques sanitaires. A la question : la politique voyage de votre entreprise a-t-elle évolué ? La réponse est « oui » sur le plan sanitaire à 76%, « oui » sur le plan économique à 55%, mais « non » à 75% sur le plan RSE. « La RSE est aujourd’hui un paramètre important pour les clients et les voyageurs, même si cela met du temps à évoluer », déclare Thierry de Bailleul, Vice-Président Sales Europe, Qatar Airways. 

Le vaccin : seul remède pour la reprise de l’aérien 

Pour le secteur de l’aérien, l’année 2020 est inédite. Le nombre de passagers s’est élevé à 1,8 milliard, contre 4,5 milliards en 2019. Un niveau jamais atteint depuis 2003. Pour Christophe Roth, Directeur des Missions chez EPSA : « Les perspectives de vaccination vont permettre à l’industrie aérienne de repartir et vraisemblablement, de façon plus verte ». En effet, la capacité de rebond du secteur dépendra du rythme des vaccinations et IATA plaide pour un Travel Pass sanitaire, soit un passeport santé numérique pour accompagner la reprise. 

Or, l’industrie doit également se confronter à une conscience écologique grandissante. A la question : seriez-vous prêt à voyager en train plutôt qu’en avion si vous aviez le choix ? 21% des sondés affirment que « oui », et ce, quelque soit la durée du trajet, contre 33% pour « oui » si le temps de trajet ne dépasse pas 4h. Une tendance de fond, qui évolue selon les générations. Donnée encore plus « étonnante » : 73% des sondés se déclareraient favorables à la suppression des lignes aériennes domestiques au profit du train.  

L’hôtellerie tire la sonnette d’alarme

Du côté des hôteliers, l’étude révèle que le secteur a connu un taux d’occupation situé entre 25 et 35% cette année, contre 60% l’année précédente. Fortement impacté, le marché s’apprête à subir une importante vague de licenciements qui avoisinerait les 10% des effectifs. « Le problème du secteur hôtelier est qu’il a été impacté de toutes parts : client individuel, affaires, MICE… C’est un secteur plus éclaté qui n’a pas bénéficié des mêmes aides que les compagnies aériennes et qui se retrouve en grande difficulté », explique Christophe Roth. Avec 50% d’hôteliers indépendants en France, le risque de « non rebond » est plus important et l’on observe un mouvement des indépendants vers les chaînes et grands groupes. 

De même, le secteur de l’événementiel a été l’un des plus impactés par les restrictions. Mais contrairement au marché de l’hôtellerie, ce dernier a eu plus de marge de manœuvre pour se réinventer, notamment grâce à la virtualisation des événements. « Ce secteur est assurément le plus transformé par le digital cette année », ajoute Stéphane Lormant.