Sexe, Business & Travel (1/3) – Échec à l’oral

Sexe, Business & Travel (1/3) - Échec à l'oral

Certes, c’est une conception un peu romantique, peut-être naïve et sûrement réductrice que d’associer le sexe au saint-patron des amoureux qui sera célébré cette semaine. D’autant que finalement, le rouge qui colore ce dossier est moins celui de la passion que celui d’une ligne (de conduite) trop souvent franchie…

Avouez. Vous avez cliqué sur ce dossier « Sexe, Business & Travel » en espérant vous plonger avec délice dans la langueur des parfums d’Asie ou la volupté « caliente » des Amériques septentrionales, avec ténébreux hidalgos andalous, blondeurs éthérées scandinaves, geishas d’estampes, danses du ventre, puissants guerriers maasaï, cocktails au gingembre et body-body échevelés au casting…

En tout cas, nous, nous l’avouons, c’est ce que nous espérions secrètement en prenant ce dossier à bras-le-corps… Las, le sexe et le voyage d’affaires recouvrent des réalités moins affriolantes. Prostitution et harcèlement, au premier chef, s’imposent à nous dès lors qu’on veut traiter de ce sujet en parlant d’autres choses que de parties de jambes en l’air en altitude ou de cinq-à-sept aux quatre coins du monde.

Bâillon

Mais les choses sont ici présentées cul par-dessus tête car avant de nous confronter à cette scabreuse réalité, nous avons, évidemment, cherché à obtenir des témoignages sur cet épineux sujet. Et là encore, quelle ne fut pas notre surprise de nous heurter à un mur de silence, la plus grande partie des rares propos que nous avons pu recueillir n’étant délivrée qu’avec une garantie de respect de l’anonymat.

Ce silence ne relevait pas - nous en sommes persuadés - du manque de matière à nous livrer à ce sujet : autour d’un verre, à partir d’une certaine heure, de nombreux voyageurs d’affaires (ou travel managers, ou responsables RH…) sont intarissables quand il s’agit d’évoquer la gaudriole de plus ou moins bon goût, à plus ou moins bonne distance de la loi, qui peut accompagner leurs déplacements professionnels et ceux de leurs confrères, consœurs ou collègues.

Nœud du problème

Alors, si on a des choses à dire et qu’on ne les dit pas, c’est que – s’est-on dit, notre Petit Freud Illustré sous le bras – on était bel et bien en présence d’un tabou. Mais cette hypothèse n’était pas tout à fait satisfaisante non plus. En effet, quand, pour compenser la faiblesse de nos sources d’information préférentielles (l’humain, en direct), nous avons fait appel à Google, nous avons constaté que la presse anglo-saxonne et notamment américaine faisait, elle, grand cas du sujet.

Comment peut-on croire que le sexe soit moins tabou au pays des Quakers qu’au pays de Choderlos de Laclos, Sade et Rabelais ? La raison de cette rétention d’information nous est alors apparue avec la force de l’évidence : le sexe, chez nous, n’est tout simplement pas un sujet. Comprendre : un sujet à enjeux. Sujet à plaisir, sujet à plaisanteries, ça oui. Mais ce n’est pas dans nos colonnes que cet aspect-là des choses sera abordé, nous n’arriverions pas à la cheville de la presse qui s’en est faite la spécialiste.

L'éloquence du silence

Dès lors, ce silence, cette non-information devenait information : si on ne parle pas du sexe dans le voyage d’affaires, c’est que non, vraiment, il n’y est pas seulement question de plaisir, et ce n’est qu’à la marge que le sujet peut porter à rire. Cette semaine, nous allons donc naviguer dans les méandres du non-dit du sexe et du voyage d’affaires. On s’intéressera au premier plan à :

Et pour se souvenir que la relation sexuelle, c’est aussi du plaisir, du bonheur, du fun, de l’humour, de l'amour, de l’évasion, de l’imagination, la muse d’une infinité d’œuvres d’art, l’inspiratrice de mille études sur notre condition d’être humain et le passager clandestin de nos rêves, pas besoin d’attendre la Saint-Valentin !