Hôtellerie : Amex GBT anticipe une hausse globale des tarifs en 2027
Les tarifs hôteliers devraient poursuivre leur progression en 2027, selon le dernier Hotel Monitor d’Amex GBT. Mais derrière cette tendance mondiale se dessinent d’importants écarts entre destinations. De Madrid à São Paulo en passant par Singapour et Dubaï, l’inflation, la demande et les tensions géopolitiques rebattent les cartes pour les acheteurs du voyage d’affaires.
Pas de véritable accalmie en vue sur le front hôtelier. Dans son Hotel Monitor 2027, publié le 22 septembre, Amex GBT prévoit une nouvelle progression des tarifs l'année prochaine. Une hausse alimentée notamment par la résilience des voyages d’affaires et du MICE en Europe et dans les Amériques, sur fond de pressions inflationnistes persistantes.
Face aux incertitudes géopolitiques et à la volatilité des matières premières, Amex GBT innove cette année en présentant ses prévisions sous forme de fourchettes. Celles-ci sont établies avec le modèle de séries temporelles Prophet, à partir des données d’Amex GBT combinées aux projections d’inflation et de PIB du Fonds monétaire international (FMI). En juillet, le FMI a relevé sa prévision d’inflation mondiale à 4,7 % pour 2026, avant un reflux attendu à 3,9 % en 2027.
Les écarts entre marchés sont particulièrement marqués. En Europe, Madrid se distingue avec une hausse anticipée comprise entre 6,1 % et 9,2 %, contre 3,6 % à 5,4 % à Londres et 3,1 % à 4,8 % à Paris. La capitale française continue notamment de bénéficier de son attractivité sur le segment événementiel.
La pression est encore plus forte dans certaines métropoles d’Amérique latine. Amex GBT table sur une progression de 10,9 % à 12,2 % à São Paulo et de 8,1 % à 8,7 % à Buenos Aires. Mexico devrait enregistrer une hausse comprise entre 4,7 % et 7,1 %. À l'inverse, les augmentations resteraient contenues à New York (+1,6 % à +2,5 %) et Toronto (+0,5 % à +1,9 %).
Une hausse plus modérée en Asie et au Moyen-Orient
En Asie-Pacifique, le tableau est plus modéré. Singapour devrait limiter la hausse entre 0,8 % et 1,6 %, Pékin entre 1,9 % et 3 %, tandis que Sydney pourrait atteindre 5 %. L’Inde reste toutefois un marché à surveiller comme à Bengaluru, où les tarifs progresseraient de 5 % à 5,5 %, malgré le développement de nouvelles capacités hôtelières.
Autre exception, Dubaï, où Amex GBT n’anticipe qu’une augmentation de 1 % à 2 %. Les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur la demande devraient inciter les hôteliers à maintenir des tarifs compétitifs pour reconquérir les voyageurs.
Pour les travel managers, ces disparités renforcent l’intérêt d’un pilotage des programmes hôteliers marché par marché, d’autant que la hausse des tarifs aériens exerce parallèlement une pression supplémentaire sur les budgets voyages. « Le prix est un indicateur clé, mais il ne raconte pas toujours toute l’histoire. Nous encourageons les entreprises à réfléchir à ce que signifie pour elles la notion de « valeur » et à ce qu'elles retirent de leurs dépenses hôtelières, au-delà du simple tarif affiché », souligne Sara Andell, Director of Consulting Strategy chez Amex GBT Consulting. Une idée qui n’est pas sans rappeler les conclusions du débat autour de la valeur du voyages d’affaires à l’IFTM 2026 où quelques représentants du secteur appelaient à envisager la mobilité d’affaires comme un investissement et non plus un simple coût.