74% des Français aiment les événements d'entreprise, mais exigent du sens

Une étude Rejolt/Peclers Paris révèle les nouvelles attentes des actifs français en matière d'événements professionnels.

Nous suivre sur Google
David Keller

David Keller

14 octobre 20265 min de lecture

Congrès
Congrès© AdobeStock

Le télétravail a redistribué les cartes. Les occasions de se retrouver physiquement se font plus rares, et avec elles, les attentes vis-à-vis des événements d'entreprise ont profondément évolué. Pour la troisième année consécutive, la plateforme d'événementiel d'entreprise Rejolt et l'agence conseil en tendances Peclers Paris publient leur cahier de tendances, intitulé Le Futur de l'Expérientiel. Cette édition s'appuie sur les travaux de l'Observatoire socioculturel de Peclers Paris et sur une étude menée en mai 2026 auprès de 302 actifs français âgés de 18 à 65 ans.

Premier enseignement : 74% des répondants déclarent aimer participer aux événements professionnels. Loin d'être perçus comme une contrainte, ces moments répondent à un besoin réel. Les attentes sont néanmoins précises. Si 56% placent le repas d'équipe en tête de leurs formats préférés, les motivations à y participer révèlent une aspiration plus profonde : 46% cherchent à lâcher prise et à sortir du quotidien, 37% souhaitent renforcer leurs liens avec leurs collègues, 33% veulent apprendre. Ces attentes varient selon les profils : les moins de 30 ans cherchent d'abord à nouer des liens, les cadres privilégient l'apprentissage et le réseau. Les femmes accordent davantage d'importance au bien-être, les hommes à la dimension collaborative. Quant à l'avenir, 41% des répondants estiment que le rôle de ces événements ira en se renforçant. «Face au télétravail, à l'essor de l'intelligence artificielle et à la dématérialisation croissante des échanges, les moments de rencontre physique s'avèrent de plus en plus précieux», analyse Mickaël Hadjadj, fondateur de Rejolt.

> Lire aussi : Rejolt et Peclers Paris dégagent les tendances de l'événementiel de demain

Ressentir : le grand dehors

Face à la surcharge numérique — écrans omniprésents, notifications, visioconférences —, les expériences qui mobilisent le corps et les sens prennent une valeur nouvelle. Des travaux du chercheur Miles Richardson, publiés en juin 2025 dans la revue Earth, établissent que le sentiment de connexion à la nature a diminué de plus de 60% en deux siècles. C'est ce manque que les entreprises cherchent désormais à combler, en portant leurs événements hors des bureaux : lieux naturels, campings, écolodges. Les activités proposées — randonnée, kayak, immersion apicole — misent sur le rapport à l'environnement plutôt que sur la compétition. «Les activités sont toujours modulables, adaptées aux capacités de chaque collaborateur», précise Valérie Niang, directrice conseil de Peclers Paris. «On est dans une recherche de connexion différente, pas de compétition.» Les «walking meetings» — échanges tenus en marchant dans la nature plutôt qu'autour d'une table — illustrent la même logique.

Partager : le collectif réinventé

La deuxième tendance identifiée dans le cahier tourne autour du besoin de retrouvailles. Quand on demande aux actifs ce qu'un événement d'entreprise doit avant tout leur apporter, c'est la notion de convivialité qui s'impose, loin devant toutes les autres réponses. Plus précisément, 45% attendent de ces moments qu'ils soient joyeux et festifs. Cette aspiration irrigue les formats d'animation choisis par les entreprises. Chez Make It Clap (Paris), les équipes écrivent et réalisent ensemble un film court — exercice qui valorise les talents de chacun tout en cultivant le sentiment d'appartenance. Big Bloom (Paris) propose des hackathons solidaires où les équipes construisent collectivement une réponse à la problématique d'une association. «Ces moments de partage allient le plaisir d'être ensemble avec la volonté d'obtenir un résultat concret. Conçus sur mesure, ils permettent de faire passer des messages précis à chaque événement», souligne Mickaël Hadjadj, fondateur de Rejolt.

> Lire aussi : Etude MICE : toujours plus de team buildings, d'événements en interne et décoresponsabilité

Transmettre : l'héritage vivant

À l'heure où l'IA rend l'information accessible en quelques secondes, c'est vers les savoir-faire artisanaux et les lieux patrimoniaux que se tourne l'événementiel d'entreprise. Apprendre un geste demande toujours du temps et la présence d'un expert — une dimension humaine irréductible à l'algorithme. Les entreprises y trouvent aussi un terrain propice pour aborder une réalité qui leur est propre : la cohabitation de quatre générations de salariés. Les lieux historiques — anciennes usines, halles, châteaux — offrent un cadre porteur pour faire dialoguer âges et expériences. Le château de Forbin, à Marseille, incarne cette synthèse : ce bâtiment du XVIIIe siècle accueille aujourd'hui une collection de street art new-yorkais, faisant se rencontrer cinq siècles d'histoire provençale et une expression artistique contemporaine. Kialatok propose des ateliers animés par des cuisiniers venus du monde entier, mêlant recettes traditionnelles, anecdotes et musiques d'ailleurs.

> Lire aussi : Quelles sont les quatre tendances qui constituent le "futur de l'expérientiel"

Divertir : plonger dans l'imaginaire

Jeux vidéo, escape games, expositions immersives : les frontières entre loisirs et événements professionnels continuent de s'estomper. L'étude le confirme : 46% des répondants citent le lâcher-prise comme première motivation pour participer à un événement professionnel. L'intelligence artificielle et la réalité virtuelle accélèrent ce mouvement, en permettant de créer des récits interactifs qui s'adaptent aux choix de chaque participant. Le Musée du Paradoxe, à Paris, propose un parcours entre illusions d'optique et casse-têtes interactifs, conçu pour amener les équipes à voir les problèmes autrement. Potions and Co (Paris) plonge les collaborateurs dans une expérience à mi-chemin entre théâtre et jeux d'énigmes, où ils apprennent les rudiments de l'alchimie. «Chaque organisation doit trouver le format qui lui ressemble, selon la typologie de ses collaborateurs et les messages qu'elle veut transmettre», conclut Valérie Niang, directrice conseil chez Peclers Paris.

> Lire aussi : Rejolt témoigne du succès du team building en mode aventure et adrénaline

Sur la même thématique

Voir tout