Paris-Orly franchit une nouvelle étape dans sa trajectoire environnementale en obtenant le niveau 5 de l’Airport Carbon Accreditation (ACA), « le plus haut niveau reconnu » par ce programme international consacré à la gestion et à la réduction des émissions de carbone des plateformes aéroportuaires, précise ADP à travers un communiqué. Cette reconnaissance intervient alors que Paris-Orly a réduit de 90% ses émissions internes de gaz à effet de serre par rapport à 2010. Le gestionnaire aéroportuaire se targue d'avoir atteint l’objectif initial, fixé à 2030, avec 5 ans d’avance, et indique que les émissions résiduelles, évaluées à 2.725 tonnes équivalent CO2 en 2025 selon une approche dite « market-based », ont été couvertes par des crédits carbone certifiés. L’aéroport est donc considéré comme ayant atteint le zéro émission nette sur ses émissions directes et liées à l’énergie dès 2025.
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Le groupe entend toutefois distinguer cette performance de son objectif climatique global. ADP maintient son ambition d’atteindre le zéro émission nette d’ici 2050 sur l’ensemble de sa chaîne de valeur, ce qui inclut les émissions indirectes liées notamment aux fournisseurs, aux matériaux, aux chantiers et aux activités des compagnies aériennes. Cette distinction est essentielle dans un secteur où les émissions des appareils représentent la principale source d’impact environnemental, bien au-delà des consommations énergétiques des terminaux ou des véhicules opérés par les aéroports. « La décarbonation, pour nous, c’est un enjeu absolument existentiel de notre activité », déclarait Justine Coutard, directrice générale déléguée du Groupe ADP, lors du congrès des EDV en mai dernier. À cette date, la dirigeante estimait que le groupe avait réalisé environ 80% du chemin sur ses émissions directes.
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La performance de Paris-Orly repose notamment sur la transformation de son approvisionnement énergétique. En 2025, 87% de la chaleur consommée sur la plateforme provenait de sources renouvelables ou bas carbone, grâce à la géothermie, à une pompe à chaleur, à la récupération de chaleur fatale et à l’utilisation de garanties d’origine biométhane, précise le groupe. Depuis 2022, les mesures de sobriété énergétique ont également permis de réduire la consommation d’électricité d’environ 16% par rapport à 2019.
Le Bourget et CDG suivent la même trajectoire
Les deux autres plateformes franciliennes suivent une trajectoire similaire, mais avec des échéances différentes. Paris-Le Bourget vise une réduction de 90% de ses émissions internes en 2027. En 2025, 48% du chemin avait été parcouru, avec 2.339 tonnes équivalent CO2 d’émissions résiduelles. La mise en service du réseau de chaleur géothermique de Dugny-Le Bourget, en mai 2026, doit permettre de décarboner jusqu’à 90% du réseau de chaleur de l’aéroport.
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À Paris-Charles de Gaulle, l’objectif est fixé à 2035. Les émissions internes avaient diminué de 78% en 2025 par rapport à 2010, laissant encore 12% de réduction à réaliser pour atteindre les 90%. Le groupe mise notamment sur un nouveau puits géothermique, l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments, l’abaissement de la température du réseau de chaleur et la mise en service d’un nouvel actif de production bas carbone. Cette stratégie accompagne le programme de transformation des aéroports parisiens, qui prévoit 8,4 milliards d’euros d’investissements entre 2027 et 2034. Comme l’a expliqué ADP ces derniers mois, il ne s’agit plus de construire un vaste terminal supplémentaire à CDG, mais de moderniser les infrastructures existantes de manière plus progressive et ciblée. La décarbonation est appelée à être intégrée à chacun de ces projets, notamment par le recours à des matériaux recyclés, au réemploi et à des bâtiments moins énergivores. Le groupe veut également accélérer le développement du solaire photovoltaïque. D’ici 2030, ADP ambitionne de couvrir 25% des besoins en électricité de ses trois plateformes franciliennes grâce à des contrats d’achat d’électricité solaire et à des installations développées sur son foncier. Plus de 24% de la consommation électrique pourrait déjà être couverte dès 2027.
Un objectif final encore loin d'être atteint
Reste le volet le plus complexe, celui des émissions liées aux avions. ADP indique vouloir préparer ses infrastructures à différentes solutions, notamment l’hydrogène et les carburants d’aviation durables. Vingt hectares ont été réservés à CDG et 10 hectares à Orly pour accueillir de futures installations liées à l’hydrogène. Le groupe reconnaît néanmoins que le développement des carburants durables dépendra surtout de la capacité des producteurs et des compagnies aériennes à sécuriser des contrats d’achat de long terme. La certification obtenue par Paris-Orly marque donc une avancée significative pour les émissions directement maîtrisées par l’aéroport, mais ne constitue pas pour autant l’aboutissement de la trajectoire climatique d’ADP.