Air France-KLM soumet son offre finale pour 49,9% de TAP Air Portugal

Air France-KLM a soumis ce 30 septembre son offre définitive au gouvernement portugais pour acquérir jusqu'à 49,9% du capital de TAP Air Portugal.

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David Keller

David Keller

1 octobre 20263 min de lecture

TAP Air Portugal
© AdobeStock

Air France-KLM a officiellement transmis son offre finale au gouvernement portugais pour une prise de participation minoritaire pouvant atteindre 49,9% dans la compagnie nationale TAP Air Portugal. Cette étape marque l'aboutissement d'un processus de privatisation engagé depuis le début de l'année 2026, au cours duquel le groupe a progressivement étoffé son dossier face à son unique rival encore en lice, Lufthansa. La décision du gouvernement portugais, attendue aux alentours de la mi-octobre, devrait déterminer lequel des deux géants européens s'offrira un ancrage stratégique en Europe du Sud.

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Lisbonne, hub Europe du Sud

L'ambition d'Air France-KLM est clairement articulée : faire de Lisbonne le hub exclusif du groupe sur le flanc méridional du continent européen. Une position qui lui permettrait de renforcer sa connectivité vers l'Amérique latine, en particulier le Brésil, et l'Afrique lusophone, des marchés à fort potentiel de trafic. L'offre couvre l'ensemble des activités de TAP : transport passagers, fret, programme de fidélité et maintenance aéronautique. Ben Smith, directeur général d'Air France-KLM, a formulé son engagement en ces termes : "Notre intérêt pour TAP est plus fort que jamais. Ce que nous présentons aujourd'hui est un plan stratégique ambitieux à long terme, celui qui, selon nous, positionne le mieux TAP pour l'avenir et préserve la connectivité et la souveraineté du Portugal."

Au-delà de la rhétorique institutionnelle, l'offre s'appuie sur un plan industriel détaillé qui prévoit un développement des activités non seulement à Lisbonne, mais aussi à Porto et dans d'autres villes du pays. Un argumentaire soigneusement construit à l'attention d'un gouvernement qui entend préserver l'empreinte nationale de sa compagnie et ne cédera qu'une participation minoritaire, sans renoncer au contrôle.

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Delta et SkyTeam mobilisés

La candidature d'Air France-KLM ne se présente pas seule : elle est portée par l'ensemble de son écosystème d'alliances. Delta Air Lines, partenaire de joint-venture du groupe sur le marché transatlantique, apporte son soutien explicite à l'offre et partage l'ambition d'accroître la connectivité du Portugal sur les routes nord-atlantiques. SkyTeam, l'alliance dont Air France-KLM est membre fondateur et qui regroupe 19 compagnies, affiche la même convergence d'intérêts. Cet appui constitue un atout différenciant face à Lufthansa, dont l'offre ne s'adosse pas à un dispositif transatlantique comparable.

La question de l'appartenance à une alliance aérienne reste toutefois un point sensible : TAP Air Portugal est actuellement membre de Star Alliance, celle-là même dont Lufthansa est un pilier. Une migration vers SkyTeam serait inévitable si le groupe franco-néerlandais l'emportait, un processus jugé long et coûteux par certains observateurs. Air France-KLM fait valoir en retour son expérience de la gouvernance avec des États actionnaires, la France et les Pays-Bas figurant tous deux à son capital, une pratique rodée qui pourrait peser dans un schéma où Lisbonne conserve la majorité du capital de TAP.

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