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TAP Air Portugal : Air France-KLM joue la carte des actions

Dans la course à TAP Air Portugal, Air France-KLM propose une option inédite : un paiement partiel en actions propres.

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David Keller

David Keller

22 septembre 2026Mis à jour le 22/09/20263 min de lecture

TAP Air Portugal
TAP Air Portugal© AdobeStock

Le quotidien portugais Jornal Económico révèle, dans son édition du 11 septembre 2026, qu'Air France-KLM est le seul candidat à avoir inclus une option d'échange d'actions dans son offre contraignante pour la privatisation de TAP Air Portugal. Son rival, Lufthansa, n'a pas retenu cette alternative pourtant prévue dans le cahier des charges officiel. Le gouvernement portugais, qui a ouvert début septembre des négociations bilatérales avec les deux groupes, vise une décision pour la mi-octobre.

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Une offre à double détente

Le cahier des charges encadrant la privatisation de TAP prévoyait explicitement la faculté pour l'État portugais de recevoir, en contrepartie partielle ou totale de la cession, des actions du groupe acquéreur. Cette disposition avait été introduite après une phase de consultation préliminaire du marché, durant laquelle il était apparu qu'un tel mécanisme pouvait constituer un facteur d'attractivité pour de potentiels candidats.

L'objectif était d'élargir le spectre des soumissionnaires. En définitive, seuls Air France-KLM et Lufthansa ont déposé des offres contraignantes et seul le groupe franco-néerlandais a activé cette option. Air France-KLM permettrait ainsi à l'État portugais de recevoir des titres de son capital en lieu et place d'un paiement intégralement en espèces. Lisbonne pourrait ensuite céder ces actions sur le marché ou patienter dans l'espoir d'une revalorisation.

> Lire aussi : Privatisation de TAP : Air France-KLM dépose officiellement son offre

Deux candidats, deux profils

Face à Air France-KLM, Lufthansa dispose d'un argument de premier plan : le groupe allemand appartient à Star Alliance, la même alliance aérienne que TAP Air Portugal. Une convergence qui faciliterait les synergies opérationnelles et commerciales, et limiterait les perturbations pour la compagnie. À l'inverse, une victoire d'Air France-KLM imposerait à TAP de migrer vers SkyTeam, un processus jugé potentiellement long et coûteux.

Mais le groupe franco-néerlandais n'est pas sans arguments propres. Il bénéficie d'une expérience concrète de la coexistence avec des actionnaires publics : les États français et néerlandais figurent tous deux à son capital. Un profil qui pourrait peser dans la balance, dans la mesure où l'État portugais ne cédera qu'une participation minoritaire - entre 44,9% et 49,9%, conservant ainsi la majorité du capital de TAP. Cette configuration implique une gouvernance partagée, un terrain sur lequel Air France-KLM peut faire valoir une pratique rodée que Lufthansa n'est pas en mesure de revendiquer au même titre.

> Lire aussi : Lufthansa Group sort du bois pour TAP Air Portugal

Résultat attendu mi-octobre

Le 4 septembre 2026, le ministre portugais de la Présidence, António Leitão Amaro, a précisé que les offres des deux candidats présentaient "une évaluation globale tellement proche" qu'elles justifiaient "une période de négociation finale, de quelques semaines, avec les deux concurrents". L'objectif est d'obtenir des propositions améliorées avant de retenir un seul candidat pour une ultime phase de négociation. Sans qu'un calendrier rigide ne soit fixé, les discussions bilatérales devraient s'achever d'ici la fin du mois de septembre.

Les deux groupes devront alors soumettre leurs offres finales révisées, qui feront l'objet d'un nouveau rapport d'évaluation de la Parpública, l'entité publique chargée de gérer les participations de l'État portugais, avant d'être transmises au gouvernement. Le nom du futur repreneur de TAP devrait être connu aux alentours de la mi-octobre, une fois le projet de budget de l'État déposé au Parlement le 10 octobre 2026, avant l'ouverture des débats parlementaires sur ce texte.

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