Malgré les turbulences, Air France-KLM garde le cap

Air France-KLM a publié les résultats d'un troisième trimestre 2026 solide, marqué par une forte hausse des coûts de carburant et un environnement géopolitique perturbé. Le groupe a néanmoins préservé sa rentabilité grâce à la progression des recettes, à la montée en gamme et à une stricte maîtrise des coûts. Les objectifs financiers restent globalement inchangés, même si les prévisions de capacité et de facture carburant ont été ajustées.

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

5 novembre 20264 min de lecture

Air France-KLM : la surcharge “GDS” abaissée à 3€ pour les TMC
© Air France-KLM

Au troisième trimestre 2026, le chiffre d’affaires du groupe progresse de 7,6 %, à 9,9 milliards d’euros, tandis que le résultat opérationnel ajusté atteint 1,346 milliard d’euros, en hausse de 126 millions d’euros sur un an. La marge opérationnelle s’établit à 13,6 %, soit 0,3 point de mieux qu’au troisième trimestre 2025. « Air France-KLM a réalisé un troisième trimestre résilient, soutenu par un résultat opérationnel ajusté solide », résume Benjamin Smith, directeur général du groupe. Selon lui, la performance repose sur « une forte rigueur commerciale » et sur « la maîtrise continue des coûts ».

-436 millions d'euros à cause de la hausse du prix du carburant

Cette résistance intervient pourtant dans un contexte de forte pression sur les dépenses. La hausse du prix du carburant, liée notamment aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, a représenté un impact négatif de 436 millions d’euros sur le trimestre, après prise en compte des couvertures. Le groupe estime désormais sa facture carburant pour l’ensemble de l’exercice 2026 à 9,2 milliards de dollars, contre 8,9 milliards dans sa précédente estimation. Elle devrait ainsi augmenter de 2,3 milliards de dollars par rapport à 2025, malgré un résultat attendu de 2 milliards de dollars au titre des opérations de couverture.

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Le groupe affirme toutefois que « la hausse des prix du carburant a été intégralement compensée par la croissance du chiffre d’affaires ». Les recettes unitaires progressent de 7 % à taux de change constants, avec une contribution de 592 millions d’euros à la performance opérationnelle du trimestre.

Le segment Premium porteur de croissance

Air France-KLM a également renforcé ses mesures d’atténuation. Le groupe a relevé la surcharge transporteur appliquée aux billets, réduit ses dépenses discrétionnaires et suspendu les recrutements de personnel non opérationnel. Le renouvellement de la flotte apporte un autre levier d’efficacité : les appareils de nouvelle génération représentent désormais 39 % de la flotte, contre 32 % un an plus tôt.

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La montée en gamme d’Air France reste par ailleurs un pilier de la stratégie. La progression du yield atteint 11,5 % en cabine La Première et Business, 9,1 % en cabine Premium et 5 % en Economy. La demande reste notamment soutenue en Amérique du Nord et en Asie, où la clientèle corporate privilégie les liaisons directes évitant les hubs du Golfe.

Le trafic continue de reculer au Moyen-Orient

La dynamique du trafic est en revanche plus contrastée. Au niveau du réseau traditionnel, le trafic recule de 0,4 % au troisième trimestre, avec une baisse de 0,1 % sur le long-courrier. Les évolutions diffèrent fortement selon les régions. Le trafic progresse de 3,5 % vers l’Amérique du Nord et de 7,9 % vers l’Amérique latine. Il recule en revanche de 7,9 % vers l’Asie et le Moyen-Orient, principalement sous l’effet de la réduction des capacités vers le Moyen-Orient. Le trafic baisse également de 2,2 % vers l’Afrique et de 5,8 % vers les Caraïbes et l’océan Indien.

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Dans le réseau long-courrier, KLM porte davantage la croissance des volumes. Son trafic progresse de 2,6 % au troisième trimestre, contre un recul de 1,7 % pour Air France. Sur neuf mois, le trafic long-courrier de KLM augmente de 4,4 %, tandis que celui d’Air France reste quasiment stable. Air France contribue néanmoins à la performance du groupe par la progression de ses recettes unitaires et par son positionnement sur les segments à plus forte valeur. La croissance globale du trafic passagers est, elle, largement portée par Transavia. La compagnie affiche une hausse de 10,4 % du nombre de passagers au troisième trimestre et une progression de 7,1 % de son trafic. Sa capacité augmente de 6,9 % et son coefficient de remplissage atteint 88,9 %. Ses recettes unitaires progressent de 2,9 %, tandis que ses coûts unitaires diminuent de 2,3 % à prix du carburant et change constants. Malgré une facture carburant en hausse de 42,6 %, Transavia dégage une marge opérationnelle de 16,3 % sur le trimestre.

Des perspectives qui restent (presque) inchangées

Les perspectives de fin d’année restent « dans les fourchettes précédemment communiquées », mais avec quelques ajustements. La croissance de capacité du groupe est désormais attendue autour de 2 %, contre une fourchette de 2 % à 3 % auparavant. Le coût unitaire devrait progresser d’environ 1 %, contre une estimation comprise entre 0 % et 2 % précédemment. Les objectifs d’investissements nets, inférieurs à 3 milliards d’euros, et de levier d’endettement, compris entre 1,5 et 2 fois, restent inchangés.

« À l’avenir, nous restons concentrés sur une exécution disciplinée et sur l’adaptation de notre réseau à l’évolution des conditions de marché », souligne Benjamin Smith. Une formulation qui résume la ligne suivie par le groupe : maintenir le cap sur la rentabilité, sans renoncer aux investissements, tout en adaptant les capacités aux marchés les plus porteurs.

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