D'ici la fin du mois de juin, deux nouvelles lignes ferroviaires non opérées par la SNCF seront inaugurées depuis Marseille, l'une régionale et la seconde sur le réseau grande vitesse.
Dimanche 15 juin, l'opérateur italien, Trenitalia, inaugurera sa ligne TGV Paris-Marseille, via Lyon Saint-Exupéry, Avignon et Aix-en-Provence. La compagnie, déjà présente sur l'axe Paris-Lyon et Paris-Milan, assurera quatre allers-retours quotidiens pour un tarif à partir de 27 euros en classe standard. Cette nouvelle liaison représente une augmentation de 22% de la fréquence de Trenitalia en France, qui souhaite faire de l'axe Sud-Est un "axe stratégique pour le développement commercial de la compagnie".
Pour Philippe Cretin, Président de la Fnaut (Fédération nationale des associations d'usagers des transports) Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'arrivée de la concurrence sur le Paris-Marseille est une bonne nouvelle pour les passagers, car elle offre une option supplémentaire et marque la fin du monopole de la SNCF, mais "on a peur des répercutions que cela pourrait avoir sur le long terme pour la SNCF et ses bonnes performances économiques". Le risque, selon Philippe Cretin, est de voir un jour l'opérateur français se retirer de certaines lignes TGV faute de rentabilité. Pour rappel, depuis 2023, la compagnie espagnole Renfe opère également depuis Marseille, avec une liaison vers Madrid via Barcelone. La compagnie espagnole souhaitait initialement prolonger la ligne jusqu'à Paris, mais semble se buter aux réticences des autorités françaises et menace désormais de quitter l'Hexagone.
Transdev sur la ligne TER Marseille-Nice
En parallèle, à partir du 29 juin, Transdev débutera l'exploitation de la ligne TER Marseille-Nice pour une durée de 10 ans. L'opérateur français a remporté il y a deux ans l'appel d'offres lancé par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur avec comme promesse : le doublement de la fréquence des trains de cette ligne très fréquentée, voire saturée.
"Sur le papier, l'arrivée de Transdev est une bonne nouvelle pour les usagers avec un matériel roulant de meilleure qualité et deux fois plus de fréquences. En revanche, un doute subsiste sur la capacité des trains", nous explique le président régional de la Fnaut. Il ajoute : "Il y aura certes plus de trains, mais les rames seront moins nombreuses, ce qui ne répondra pas à la problématique de la surfréquentation aux heures de pointe". Selon la Fnaut, tant que la ligne à grande vitesse entre Marseille et Nice ne sera pas terminée, la problématique de saturation de la ligne ne sera pas réglée. La liaison TER est en effet saturée, fréquentée en majorité par des navetteurs/travailleurs, et des touristes.
Marseille, ville stratégique pour le développement du rail européen ?
La Cité Phocéenne semble être une destination de choix pour les opérateurs ferroviaires dans leur quête de développement européen. Sa situation au bord de la mer méditerranée en fait une ville stratégique pour des axes depuis et vers le sud de l'Europe, notamment vers l'Italie et l'Espagne. Cet été, une filiale de Trenitalia opérera une ligne saisonnière (sur juillet et août) depuis Marseille vers Rome en train de nuit. La course est lancée...