Robotaxis : le Grand Paris entre dans la course européenne

La Métropole du Grand Paris, Bolt et Stellantis veulent expérimenter des services de mobilité autonome à partir de 2028. Le projet pourrait débuter dans cinq communes au maximum, avant une éventuelle extension à une trentaine de villes d’ici 2030.

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

26 octobre 2026Mis à jour le 26/10/20263 min de lecture

robotaxis
© Adobe Stock

L’annonce intervient alors que les projets de véhicules autonomes sortent progressivement du stade de la démonstration technologique. À Munich, Waymo prépare la cartographie des rues avec des véhicules supervisés par des opérateurs humains, en vue d’un lancement commercial annoncé pour 2027. À Londres, Uber et Wayve ont franchi une étape réglementaire avec l’obtention des licences permettant à des véhicules autonomes de prendre en charge des passagers. Dans ce cas aussi, un conducteur formé doit rester à bord pour superviser les trajets.

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Le projet francilien doit d’abord permettre de vérifier comment ces véhicules peuvent circuler dans un environnement urbain dense, s’insérer dans les réseaux de transport existants et répondre à des besoins qui restent mal couverts, indique un communiqué. Les partenaires ciblent notamment « les trajets du premier et du dernier kilomètre, la desserte des pôles d’emploi, les déplacements en heures creuses et l’accès aux grands événements ». L’enjeu sera de démontrer que le service peut être fiable et suffisamment simple à utiliser pour s’intégrer dans les trajets du quotidien. « Ce partenariat s’inscrit dans cette ambition et dans notre stratégie en matière d’intelligence artificielle. Aux côtés de nos partenaires et des autorités publiques, nous souhaitons évaluer le potentiel de la mobilité autonome pour répondre aux besoins de déplacement, compléter les transports en commun et contribuer à une mobilité plus durable », a déclaré Patrick Ollier, Président de la Métropole du Grand Paris.

Uber investit dans la mobilité autonome, Hertz ouvre la voie...

Chacun des trois partenaires aura un rôle distinct : la Métropole du Grand Paris travaillera avec les communes et les autorités compétentes, en définissant les cas d’usage et le cadre de l’expérimentation ; Bolt apportera sa plateforme de mobilité et son expérience de l’exploitation de services à la demande ; et Stellantis fournira les véhicules et ses plateformes « L4-Ready », conçues pour accueillir des systèmes de conduite autonome. Pony.ai est pour sa part présenté comme un fournisseur potentiel de la technologie, mais son intervention reste à confirmer.

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Le projet prend place dans un marché européen qui commence également à s’organiser autour des flottes et des plateformes. Uber a récemment annoncé une réduction d’environ 10% de ses effectifs, tout en indiquant vouloir dégager des moyens supplémentaires pour investir dans la mobilité autonome. Hertz a de son côté ouvert le capital de sa plateforme Oro Mobility, spécialisée dans la gestion de flottes de véhicules destinés aux chauffeurs de VTC et, à terme, aux opérateurs de véhicules autonomes. La compétition ne porte donc plus seulement sur la technologie de conduite, mais aussi sur la capacité à exploiter les véhicules, à les maintenir et à les intégrer dans un service commercial.

Dans le Grand Paris, les premiers essais devront mesurer la sécurité, la qualité du service, l’acceptation par les usagers et les effets du dispositif sur les mobilités locales. Une évaluation indépendante portera également sur les conséquences économiques, sociales et environnementales de l’expérimentation. Une exploitation commerciale à plus grande échelle pourrait être envisagée d’ici 2030, mais elle dépendra des résultats obtenus et de l’évolution du cadre réglementaire. A travers un communiqué commun, la Métropole du Grand Paris, Bolt et Stellantis précisent que le projet doit encore obtenir les autorisations nécessaires et qu'il a été soumis à l’initiative ADACities de la Commission européenne.

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