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SNCF, CFF et Eurostar s'unissent pour envisager des liaisons directes entre la Suisse et Londres

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

11 mai 20263 min de lecture

Genève-Suisse
Genève-Suisse© Adobe Stock

CFF, SNCF Voyageurs et Eurostar ont signé un protocole d'accord (MoU) visant à étudier la faisabilité d'une liaison ferroviaire directe entre la Suisse et Londres. Un projet dont la concrétisation ne pourra intervenir, au plus tôt, « que dans les années 2030 ».

En mars dernier, CFF et SNCF Voyageurs avaient d'abord officialisé un accord de coopération visant à renforcer leurs liens et à explorer de nouvelles liaisons potentielles depuis la Suisse. La prolongation de leur partenariat TGV Lyria jusqu'en 2032, annoncée peu après, avait déjà signalé la volonté des deux opérateurs d'inscrire leur collaboration dans la durée et d'en élargir le périmètre. La signature du protocole d'accord avec Eurostar constitue désormais la suite logique de cette trajectoire, qu'un communiqué présente comme « une étape importante dans la planification à long terme visant à la mise en place d'une éventuelle nouvelle liaison directe avec le Royaume-Uni. »

> A lire aussi : SNCF et CFF prolongent leur partenariat TGV Lyria jusqu’en 2032

Les trois partenaires se décrivent comme « idéalement complémentaires » : SNCF Voyageurs travaille déjà étroitement avec les CFF sur les liaisons franco-suisses, et tout service en direction de Londres passerait nécessairement par le territoire français. Eurostar, filiale de SNCF Voyageurs, exploite quant à elle des liaisons entre l'Europe continentale et le Royaume-Uni. 

Un marché jugé porteur

La demande est réelle. Selon le groupe ferroviaire, « Londres est la première destination aérienne au départ de la Suisse, et il existe parallèlement une forte demande des clients pour une liaison ferroviaire directe vers le Royaume-Uni. » Pour les voyageurs, cette nouvelle connexion pourrait leur permettre de relier Zurich et Londres en 6 heures, Bâle et Londres en 5 heures, et Genève et Londres en 5h30. Aujourd'hui, un voyageur suisse qui souhaite rejoindre Londres en train n'a pas d'autre choix que de passer par Paris et doit rejoindre la gare du Nord depuis gare de Lyon à son arrivée, pour un trajet d'environ 6 à 7h porte à porte depuis Genève. 

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'Eurostar mentionne Genève dans sa feuille de route. En début d'année 2025, lors de la publication de ses résultats annuels records (20 millions de passagers, chiffre d'affaires de 2 milliards d'euros), la directrice générale Gwendoline Cazenave avait explicitement cité une future liaison directe Londres-Genève parmi les ambitions du groupe, dans le cadre d'un investissement de 2 milliards d'euros.

De nombreux obstacles à franchir

Le projet ne repose pas uniquement sur une logique commerciale. Le 8 mai 2025, le conseiller fédéral suisse Albert Rösti et la ministre britannique des Transports Heidi Alexander avaient signé à Londres un protocole d'accord intergouvernemental, posant les bases politiques d'une telle liaison. Les CFF poursuivent depuis lors des études pour le compte de l'Office fédéral des transports suisse, tandis qu'Eurostar et SNCF Voyageurs travaillent à leur propre développement commercial, est-il précisé.

Pour autant, la prudence s'impose puisque « plusieurs étapes restent nécessaires avant la mise en service, notamment la préparation des formalités d'entrée, la mise en place des infrastructures nécessaires et des accords intergouvernementaux, ainsi que la disponibilité de trains adaptés et de sillons ferroviaires. » 

Le segment transmanche sous pression concurrentielle

Ce projet intervient dans un contexte où le segment transmanche attire de plus en plus de candidats. Le groupe Virgin, dirigé par Richard Branson, a levé plus de 800 millions d'euros en vue de lancer une liaison entre Londres, Paris, Bruxelles et Amsterdam d'ici 2029. Dans le même temps, le groupe FS Italiane, propriétaire de Trenitalia, a annoncé un investissement d'un milliard d'euros pour relier Paris à Londres dès 2029, en partenariat avec le consortium espagnol Evolyn.

De quoi pousser Eurostar, qui détient le monopole de ces liaisons depuis plus de 30 ans, à consolider sa position en élargissant son réseau vers de nouveaux marchés, dont la Suisse. Mais là où les challengers visent 2029, CFF, SNCF Voyageurs et Eurostar ne pourront concrétiser leur ambition commune qu'au cours des années 2030, dans le meilleur des cas.

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