L’ASI baisse les tarifs de l’aéroport de Nice de 33,4%, le gestionnaire de la piste contre-attaque

Les compagnies aériennes se plaignent régulièrement des tarifs élevés (et souvent obscurs) des aéroports français. La décision de l'Autorité de Supervision Indépendante des redevances aéroportuaires (ASI) du 3 avril leur donne raison. L'organisme qui s'était saisi du dossier d'Aéroports de la Côte d’Azur, a baissé les tarifs des plates-formes azuréennes de 33,4%.

Après avoir rejeté deux fois les propositions tarifaires de l’Aéroport de la Côte d'Azur, l'Autorité de Supervision Indépendante des redevances aéroportuaires (ASI) avait décidé en début d'année de fixer elle-même le montant des redevances des plates-formes de Nice-Côte d’Azur et Cannes-Mandelieu.

Bonne nouvelle pour les compagnies aériennes - et par effet domino pour les passagers - l'organisme a opté pour une baisse des tarifs de l'aéroport de Nice de 33,4% par rapport à ceux actuellement en vigueur. La décision du 3 avril, publiée le 5, sera applicable à partir du 15 mai 2019.

Toutefois, le Groupe Aéroports de la Côte d’Azur (ACA) a d'ores et déjà contre-attaqué. L'entreprise a déposé une requête en annulation auprès du Conseil d’État contre cette mesure. Elle explique dans un communiqué "Cette décision de l’ASI ne respecte pas les prescriptions de la réglementation applicable, dont  l’arrêté ministériel du 12 juillet 2018, et démontre une approche artificielle et erronée de l’assiette des redevances et de la période de référence à prendre en compte. Par ailleurs, les tarifs proposés par ACA sont conformes au cadre réglementaire et respectueux dudit arrêté ministériel".

Elle assure qu'elle lance cette procédure afin de "défendre l’ensemble des intérêts des parties prenantes concernées par l’activité de ses aéroports et pour lesquelles le développement et la contribution de ces plates-formes à l’économie régionale et au territoire constituent un enjeu économique et social majeur".

Les compagnies apprécient cette baisse
Sans grande surprise, le SCARA qui était fortement opposé aux tarifs proposés par Aéroports de la Côte d'Azur, soutient la décision de l'ASI. L'organisation qui représente entre autres ASL Airlines France, Air Corsica ou encore Air Austral, indique "Le SCARA qui a toujours défendu les compagnies aériennes face aux exigences tarifaires démesurées de certains aéroports, se félicite de cette décision de l'ASI". Elle ajoute "Les tarifs des aéroports doivent être élaborés de sorte que le rendement du capital investi par les aéroports n'excède pas le coût dudit capital. C'est ce calcul qu'a fait respecter l'ASI en fixant les tarifs de l'aéroport de Nice à moins 33,4%".

Dans son communiqué, le SCARA va plus loin et estime que la baisse des redevances aurait été encore plus importante (-46%), sans l'arrêté du 12 juillet 2018 relatif aux redevances de l'aéroport de Nice. Ce texte qui fait l'objet d'une requête auprès du Conseil d’État, fixe des plafonds tarifaires sans limitation de durée et permet l'instauration de la double caisse.