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Lundi 5 Février 2018

Ryanair : poker menteur sur tous les fronts


il faut toujours se méfier des bonnes intentions de Ryanair et plus particulièrement de son PDG, Michael O’Leary. Alors que la compagnie traversait quelques sérieuses difficultés en décembre dernier, il annonçait une reconnaissance des syndicats de pilotes et se disait prêt à travailler avec eux. Sans surprise, il tempère aujourd’hui ses propos. Une volte-face de sa part qui alimente aujourd’hui la colère des syndicats.



Peut-on croire sur parole le patron de Ryannair ?
Peut-on croire sur parole le patron de Ryannair ?
Michael O'Leary a fait du O'Leary à l'occasion de la présentation des résultats du 3ème trimestre de sa compagnie. Non, il ne cédera pas aux revendications "ridicules" des pilotes qui aimeraient voir leurs conditions de travail se rapprocher au plus près de celles des compagnies traditionnelles. Pour le patron de Ryanair, il est préférable d’affronter une grève plutôt que de réduire sensiblement la productivité du groupe. Chiche ! lui répondent aujourd’hui quelques syndicats en Italie samedi prochain mais aussi en Allemagne et en Angleterre. Et la menace d’un arrêt de travail pendant les vacances de Pâques plane désormais sur la compagnie irlandaise. Face à de tels risques, le monde du business travel s’inquiète et étudie le report de ses vols intra européens sur les vols d’Easyjet.

L’annulation de plus de 18 000 vols entre novembre 2017 et mars 2018, en raison des tensions avec les pilotes, n’aura finalement pas eu raison de la détermination de Michael O’Leary qui prêche désormais pour une reconnaissance "intelligente des syndicats" et en aucun cas "un diktat" de leur part sur l’organisation du travail. Et le bouillonnant patron d’ajouter selon BFM TV que "La reconnaissance des syndicats pourrait un peu compliquer nos activités, entraîner des perturbations à court terme et générer un peu de publicité négative, mais elle ne remettra pas en cause notre position de numéro un de l'aviation européenne ni notre objectif de transporter 200 millions de passagers par an d'ici à 2024".

Un retournement de situation sans doute lié à l’annonce des résultats de l’exercice qui va d’octobre à décembre 2017. Malgré la crise, Ryanair a vu le nombre de voyageurs transportés augmenter de 6 % et le bénéfice net bondir de 12 % pour atteindre 106 millions d’euros. Mais le directeur général veut rester prudent et annonce que cela ne va pas durer. Ryanair envisage d’ores et déjà de nouvelles perturbations dans les mois à venir et s’inquiète des tarifs moyens qui seront proposés cet été sur le cours courrier.

Pour le professeur Loizos Heracleous qui enseigne à la Warwik Business School comme spécialiste de l'industrie aérienne : "La reconnaissance par Ryanair des syndicats de pilotes et d'équipages limitera son pouvoir de négociation avec ses employés et pourrait augmenter le risque d'une future grève. D'un point de vue positif, elle offrira également à Ryanair une méthode plus structurée de communiquer et de négocier avec ses employés, ce qui, si les relations sont positives, favorisera la croissance et la rentabilité de Ryanair". Et d'ajouter "les résultats pour l'entreprise dépendront de la façon dont les relations entre Ryanair et les syndicats sont gérées, par les deux parties. Dans l'ensemble, un coût salarial plus élevé de 100 millions d'euros pour les pilotes (augmentation de 20 %) ne sera pas un poids pour une entreprise dont le chiffre d'affaires dépasse 6,5 milliards d'euros et les bénéfices 1,5 milliard d'euros... C'est d'autant plus vrai que les coûts globaux de personnel (pilotes, équipages et autres personnels) ne représentent que 5 euros par passager sur un coût total de 28 euros par passager. Ainsi, une augmentation de 20% d'une partie de ces 5 euros n'affectera pas significativement la rentabilité de Ryanair, ni ses plans de croissance continue, qui semblent bien se dérouler".

Alors Ryanair, de l'Info ou de l'intox ? Les analystes s’interrogent sur la stratégie du transporteur, connue pour ses tentatives d’enfumage du marché. Il est vrai, que les premières informations tarifaires ne sont guère favorables à la low cost irlandaise qui se retrouve en concurrence directe avec EasyJet, Vueling,Transavia ou Norwegian. Des transporteurs qui ont eux aussi annoncés des tarifs compétitifs pour les vacances 2018.

Michael O’Leary l’affirme : "2018 sera une année complexe tout comme 2019 car les perturbations géopolitiques et le Brexit n’encouragent pas à l’optimisme". Et si c’était vrai ? Il a en tous cas prévu une clause spéciale Brexit sur ses futurs billets.


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