#IFTM23 – Quel bilan pour le voyage d’affaires et le MICE

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#IFTM23 - Quel bilan pour le voyage d'affaires et le MICE
Une vue du carré MICE du dernier IFTM.

Les exposants "voyages d'affaires" étaient ravis. Ceux du MICE, moins. Retour sur l'édition 2023 de l'IFTM.

Les chiffres de fréquentation du dernier salon IFTM Top Resa ne sont pas encore disponibles. Mais on parle d'une croissance à deux chiffres par rapport à 2022, et, même, bien au-delà des 10%. En tout cas, au niveau du ressenti, en ce qui concerne les exposants "business travel" sur lesquels on se concentrera (avec ceux du MICE mais qui n'ont pas d'année de référence au salon, on y revient plus loin), l'impression qui ressort, si elle devait être résumée d'un mot, serait certainement "intense".

Tous les acteurs BT présents et interrogés ont effectivement utilisé cet adjectif ou ses équivalents, assorti d'un large sourire. Intense car les allées du carré Affaires étaient bien garnies, comme le confirmeront certainement les chiffres de l'organisateur Reed quand il les communiquera. Comme le confirme aussi la fréquentation des conférences AFTM (Association française des travel managers), toujours pleines ou presque. La GBTA (Global business travel Association) se félicite aussi de 170 participants à son Carrefour pourtant relégué dans des espaces bien moins centraux.

C'est la preuve que les sujets "voyage d'affaires" sont bien considérés comme des enjeux, surtout quand on les aborde sous les angles de l'achat et de la RSE, ces deux topics n'étant pas exclusifs l'un de l'autre. Et c'est le deuxième sens que traduit ici l'intensité dont parlent les exposants. Non seulement quantité des visiteurs, mais aussi qualité : outre les clients ou les confrères (partenaires ou concurrents) avec qui il est toujours bon d'échanger, les prospects étaient eux aussi bien là, souvent motivés et presqu'aussi souvent avec un projet sous le bras. 

Avis très personnel, mais, si l'on en croit nos échanges, certainement partagé par le plus grand nombre, on retiendra quatre points (ou moments) forts de cet IFTM 23 saveur "business travel" : cet espace "conférences" dédié à l'AFTM pas nouveau ceres mais qui a fait ses preuves, bien rempli, on l'a dit, mais surtout encadré de balustrades sur lesquelles des gens très concernés ou de simples badauds peuvent s'accouder pour "choper" quelques échanges au cours de leur parcours; le beau studio de CDS Groupe qui a donné lieu à quelques tables rondes filmées intéressantes; la soirée de l'AFTM dans le très beau Terminal 7 avec vue sur la Tour Eiffel sur la terrasse abondamment fréquentée, météo oblige; le cocktail déjeunatoire du réseau Manor, avec presque autant de bulles que de (beau) monde.

Cette bonne humeur ambiante se traduira-t-elle en ROI sonnant et trébuchant pour les exposants ? Cette fréquentation du carré Affaires constitue-t-elle un signe avant-coureur pour l'industrie ? Il est évidemment trop tôt pour le dire.

Bilan plus mitigé pour le MICE

Dans la famille "déplacements professionnels", le MICE est le sujet qui suscitait le plus d'attentes et d'incertitudes puisque cette édition 2023 du salon était aussi la première à réserver un espace dédié à ce type de tourisme particulier. 

Première remarque : l'initiative, dont Laurence Gaborieau, directrice du salon, est à l'origine, nous apparaissait comme une bonne idée. Le secteur jouit en effet d'un dynamisme que de nombreux acteurs saluent, certains d'entre eux allant même jusqu'à lui reconnaître un rôle moteur dans la reprise des voyages professionnels. Cette industrie, aux nombreuses spécificités, avait donc a priori toute sa place. Et si, comme nous l'avons fait pour le BT, on juge de l'intérêt d'un sujet à l'affluence des conférences qui lui sont consacrées, alors notons que la révélation du premier Baromètre "Meetings & Events" de Kactus a fait le plein dans la pourtant vaste Arena by Jordan.

> Lire aussi : Kactus révèle son Baromètre "Meetings & Events"

Pourtant, la dizaine de professionnels qui a essuyé les plâtres de ce carré tout de rose paré en tirent un bilan mitigé. "A notre arrivée, le mardi (3 octobre, ndr) matin, on était enfermé : une porte à chaque extrémité, deux en fait, c'est tout", nous précise l'un d'eux, tout en saluant dans la foulée la réactivité des équipes du salon : "Sur notre demande, elles ont décloisonné le carré, et le problème était donc résolu le mardi après-midi".

Le nombre de ces professionnels du MICE a produit un peu de frustration aussi : "Il devait y avoir une dizaine de stands, on nous avait dit qu'il y en aurait plus, il y a eu des désistements", déclare-t-on au stand de la destination "Le Touquet". "Désistement" dont a effectivement profité une startup parisienne dont la présence s'est négociée à bas prix quelques jours avant le Day1, en remplacement d'un exposant défaillant.

"On aurait préféré être collé au carré 'affaires'", déplorent certains exposants, alors que l'emplacement était davantage dans la prolongation de la zone "Destination France". Cette question de l'emplacement n'est pas anodine. Le MICE est indéniablement un déplacement professionnel. Avec son écosystème propre... Mais avec beaucoup d'interlocuteurs, côté entreprises clientes comme côté fournisseurs, partagés avec le business travel. A tel point que Kactus, dont nous parlions plus haut et dont l'activité est pourtant 100% dédiée au séminaire et à la convention, a fait le choix de placer son stand au sein du carré "Affaires".

Cet espace "MICE" n'était pas satisfaisant non plus au regard de la disparité des acteurs qui s'y trouvaient. De la startup à solution anecdotique pour un event à la destination "Le Touquet" dont nous avons déjà parlée, en passant par l'affréteur d'avions Artheau, le panel était trop étroit en quantité pour supporter de telles disparités en termes de qualité. Mais ce carré existe, espérons que ces imperfections constatées par tout un chacun le fassent s'améliorer plutôt que disparaître.