Virgin Trains se rapproche d'Alstom pour s'imposer sur les liaisons transmanche

La compagnie a commandé 12 rames nouvelle génération à Asltom et prévoit de lancer, à partir de 2030, jusqu’à 20 allers-retours quotidiens entre Londres, Paris, Bruxelles et Amsterdam.

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ML

Margot Ladiray

9 octobre 20264 min de lecture

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© Virgin Trains

Cette nouvelle offre ajouterait près de 7,5 millions de sièges par an sur les liaisons transmanche et pourrait entraîner la création de jusqu’à 1.000 emplois, indique la société à travers un communiqué. Virgin a également dévoilé une première image de son futur train, reconnaissable à son design noir et rouge. Le groupe britannique indique que ce visuel donne un premier aperçu de l’identité de la future offre, alors que les détails sur l’aménagement intérieur et les services proposés à bord doivent encore être précisés.

12 trains Alstom pour lancer le service

Pour faire circuler ses trains sous la Manche, Virgin a signé un accord avec le constructeur français Alstom portant sur la fourniture de 12 rames Avelia Stream. Ces trains à grande vitesse pourront atteindre 300 km/h et seront adaptés aux spécificités des liaisons internationales entre le Royaume-Uni et l’Europe continentale, précise le groupe.

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Alstom assurera également la maintenance de la flotte dans le cadre d’un contrat d’une durée de 30 ans. Le constructeur accompagnera ainsi Virgin sur l’ensemble du cycle de vie des trains, depuis leur livraison jusqu’à leur exploitation à long terme. Virgin entend faire du trajet lui-même un élément central de l’expérience proposée aux voyageurs. Le groupe promet une approche inspirée de ses différentes activités dans le transport et l’hospitalité, avec l’objectif « de faire du passage sous la Manche un moment à part, et pas seulement une étape entre Londres et sa destination finale. »

Une expérience inspirée des autres activités du groupe

La compagnie souhaite notamment s’appuyer sur l’expérience développée par Virgin Atlantic dans ses salons Clubhouse et ses espaces à bord, afin de concevoir des lieux permettant aux passagers de travailler, de se détendre ou de se restaurer. L’offre de restauration devrait également s’inspirer de Virgin Voyages, tandis que le confort et le design des espaces s’appuieront sur l’approche développée par Virgin Hotels. Le programme de fidélité Virgin Red doit, de son côté, permettre aux voyageurs de cumuler des Virgin Points et de les utiliser pour de futurs trajets, mais aussi pour des vols, des séjours hôteliers, des croisières ou différentes expériences proposées par le groupe.

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Le groupe pourra enfin s’appuyer sur son expérience dans le ferroviaire britannique. Virgin a exploité le réseau Virgin Trains pendant près de 20 ans, avant de se retirer du marché en 2019. « Virgin possède une longue histoire dans le ferroviaire britannique. Avec ce nouveau projet, nous nous appuyons sur plus de quatre décennies d’expérience dans le transport et l’hospitalité pour créer quelque chose de réellement nouveau », a déclaré Josh Bayliss, directeur général de Virgin Group. « Nous allons cette fois relier Londres à plusieurs grandes villes européennes et proposer une nouvelle option sur les liaisons transmanche. »

Virgin étudie également la possibilité de rapprocher ses réseaux ferroviaire et aérien. L’objectif serait de faciliter les correspondances entre les voyageurs arrivant à Londres avec Virgin Atlantic et ceux souhaitant poursuivre leur trajet vers la France ou d’autres destinations européennes. À l’inverse, les passagers en provenance du continent pourraient accéder plus facilement au réseau international de la compagnie aérienne.

Un projet qui avance malgré le recours d’Eurostar

Cette annonce intervient alors que Virgin a déjà franchi plusieurs étapes réglementaires et opérationnelles. En octobre 2025, l’Office of Rail and Road, le régulateur ferroviaire britannique, avait donné son feu vert à l’utilisation du dépôt international de Temple Mills, à l’est de Londres, ouvrant la voie à une future concurrence face à Eurostar. En août 2026, l’ORR a pré-approuvé un accord-cadre d’accès aux voies permettant à Virgin Trains de faire circuler jusqu’à 20 allers-retours quotidiens entre Londres, Paris, Bruxelles ou Amsterdam à compter du 1er octobre 2030. L’accord prévoit un accès jusqu’à la fin de l’année 2040.

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Eurostar a toutefois engagé un recours contre cette décision, estimant que les créneaux demandés par Virgin avaient été traités comme des services existants avant même d’avoir été définitivement attribués. L’opérateur historique conteste notamment la manière dont l’accès à HS1, la ligne à grande vitesse reliant Londres au tunnel sous la Manche, a été accordé. L’accord signé entre Virgin et Eurostar pour assurer la maintenance des trains à Temple Mills constitue une étape supplémentaire dans la préparation du futur service. Il ne met toutefois pas fin au contentieux réglementaire en cours, dont l’issue continuera de peser sur les conditions d’ouverture du marché transmanche.

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Si le projet est mené à son terme, Virgin deviendra le premier nouvel opérateur ferroviaire à concurrencer directement Eurostar sur les liaisons commerciales à grande vitesse entre Londres et le continent. Trenitalia et d’autres candidats ont également manifesté leur intérêt pour ce marché, longtemps exploité par le seul Eurostar

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