La startup ferroviaire Kevin Speed retarde son départ de deux ans et peine à boucler son financement. Le projet du nouvel opérateur low cost à grande vitesse prévoit une arrivée sur le marché français en 2030, soit deux ans après la date initialement annoncée.
Kevin Speed avait reçu un avis favorable de l'Autorité de régulation des transports sur un accord-cadre avec la SNCF en mars 2024. Cet accord comprenait des sillons permettant le lancement de son offre, ilisto, sur trois premières lignes : Lille-Paris, Strasbourg-Paris et Lyon-Paris, en desservant toutes les gares TGV intermédiaires.
Son objectif initial était d'entrer en phase de test dès 2026 pour une commercialisation fin 2028. Mais le défi de réunir au moins un milliard d'euros pour se lancer et des délais de production de matériels allongés semblent avoir contraint le futur opérateur à retarder son arrivée sur le marché français.

Entre manque de financement et délais industriels
Selon nos confrères de BFM Business, la compagnie dirigée par Laurent Fourtune, table désormais sur la seconde moitié de 2030. L'objectif premier : boucler un financement de 1,2 milliard d'euros d'ici fin 2025 pour espérer lancer la phase d'industrialisation des trains ilisto (Alstom). Dans une interview publiée dans La Tribune, Kevin Speed annonçait par ailleurs son arrivée au Creusot (Saône-et-Loire) pour y installer sa base d'exploitation et de maintenance, dont la construction devrait débuter au plus tard en 2028. "La zone Coriolis, en face de la gare TGV du Creusot, a été retenue pour sa proximité avec la ligne Paris-Lyon. Le bassin du Creusot-Montceau dispose des ressources nécessaires pour former nos techniciens et conducteurs", explique Laurent Fourtune.
Beaucoup d'appelés mais peu d'élus ?
Depuis l'ouverture à la concurrence décembre 2021, les annonces de nouveaux acteurs ferroviaire souhaitant s'implanter sur le marché français se multiplient. En 2025, seules Trenitalia et Renfe opèrent sur le réseau de la grande vitesse. Si l'opérateur italien semble en pleine phase de développement, Renfe a reporté en avril dernier le lancement d'une nouvelle ligne entre Toulouse et Barcelone et a menacé de quitter la France face à ce qu'elle qualifie de "disparité flagrante entre la facilité avec laquelle les opérateurs français peuvent s'implanter en Espagne et les obstacles rencontrés par nos entreprises en France”.
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Des projets comme ceux de Velvet (ex-Proxima) ou Le Train Voyage, sont toujours en cours pour une arrivée sur le marché français dès 2028. Mais rien n'est encore joué pour ces deux acteurs, même si leur lancement semble être sur des rails. Pour rappel, en 2024, deux acteurs privés avaient jeté l'éponge et étaient placés en liquidation judiciaire : Railcool et Midnight Trains.