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Etes vous réellement "vendable" ?


Au risque de vous surprendre, les chasseurs de tête ne travaillent pas seulement en fonction des résultats que vous avez obtenu dans le passé mais en cherchant à deviner ce que vous pourriez valoir dans quelques années. L'entreprise ne perçoit plus le salarié comme un outil de travail mais comme un investissement. C'est cette nouvelle notion de "rentabilité professionnelle dans le temps" que dévoile Harry Slorty dans un livre à paraître dans quelques jours en Angleterre. Il explique que les CV, comme l'attitude face à un recruteur, doivent évoluer. A la clé, de belles perspectives de carrière.



"Sans une vision réelle de l'avenir, vous ne resterez qu'un simple exécutant", explique Harry Slorty dès les premières pages de son ouvrage, "Ce qui fera la différence, c'est votre capacité à vous projeter dans le temps, à anticiper la vision d'un marché et à mettre en place les schémas et les process du développement que vous porterez dans l'entreprise qui vous accueillera". C'est ce qu'il nomme la "future attitude". Un mélange de ce que vous savez faire et de ce que vous risquez de faire ou souhaitez faire demain. D'autant, et l'auteur le détaille, que "L'uniformité des CV et des lettres de motivation toutes faites a fini par lasser les recruteurs qui en veulent plus, beaucoup plus. L'originalité, sans exagération, est devenue une qualité rare. Une vraie carte de visite". Le risque aujourd'hui n'est plus dans l'excès mais dans la retenue.
Alors concrètement, qu'attendent ces patrons plus soucieux de la forme que du fond ? "Une vision", affirme clairement Harry Slorty, "Une approche de l'avenir. Une sorte de veille permanente qui fait le tri entre l'innovation sans futur et les méthodologies réellement nouvelles". Et c'est cette vision qui doit ressortir des premiers entretiens. Cette vision, équilibrée par la réalité et portée par l'expérience. C'est ce mélange subtil qui rend bankable le candidat. Pour autant, et l'homme de l'art ne le cache pas, il faut savoir jauger son interlocuteur, ne jamais en faire trop, rester dans la réalité actuelle du marché et positionner ses arguments en fonction de l'entreprise que l'on vise. Un équilibre subtil qui, au final, se révèle payant. Une nouvelle façon de postuler sans doute pour de nouvelles formes de carrière professionnelle.

Alain Joyet
Sociologue d'entreprise

Jeudi 30 Septembre 2010


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1.Posté par FC le 01/10/2010 10:50
Article totalement pertinent à la dimension près du "paramètre qui tue" : l'âge du candidat qui, dépassé 45-50 ans, est boudé littéralement par les recruteurs qui n'admettent pas qu'il lui reste encore un bon tiers de carrière à faire (vécu). Pourtant sincère par son savoir-être, légitime par son savoir-faire, donc crédible par l'adéquation de son profil/parcours aux missions proposées, il se retrouve en compétition avec des plus juniors, souvent brillants, presque toujours opportunistes, dont la souplesse, l'adaptabilité supposée et la longueur de carrière séduit et rassure. Sauf qu'ils n'ont ni le monopole des idées neuves (les plus beaux outils et leur maîtrise ne font pas forcément les réussites, les idées et ceux qui les portent, OUI !), ni souvent le recul pour que cette "future attitude" recherchée soit sincère, légitime, donc crédible pour être une "added value" rapidement opérationnelle pour l'employeur. Ah, jeûnisme quand tu nous tiens ! Bon courage aux DRH qui ont déjà à gérer les sur-diplômés de la Génération Y qui ont goûté au management multiculturel et dont, conséquemment, les valeurs bien éloignées de ce que proposent nombre d'entreprises françaises, créent des guerres de tranchées générationnelles anti-productives ("le meurtre du père" version Pro...) ! Pas étonnant qu'ils soient de plus en plus perméables au discours ambiant d'un monde du travail forcément pénible, avilissant et exploiteur pour rêver massivement, au mieux à "vivre leurs rêves plutôt que rêver leur vie", au pire rêver de devenir un (bon) fonctionnaire, et ce, quel qu'en soit le prix à payer (vicissitudes de l'entrepreneur pour l'un, frustrations récurrentes pour l'autre, surtout à contre-courant de l'histoire : "dégraissage du Mammouth") ! Que de désillusions à venir (surtout pour tous les casaniers dont la vue quotidienne de leur clocher est vitale) à parler de recettes d'employabilité quand les emplois de masse seront (sont déjà) en Inde ou en Chine. C'est aussi ça la "future attitude même pour le "quincadre" que je suis ", basée non sur la peur paralysante et stérile mais sur la lucidité que seuls nos ressorts d'innovation et de courage serviront. Pour cele, révisons Sénèque : "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles", Saint-Exupéry "Il ne suffit pas de prévoir le futur mais de le rendre possible" et pour la finesse de l'humour, parce qu'il est savateur, Woody Allen "Je m'intéresse à l'avenir, parce que c'est là que j'ai décidé de passer le restant de mes jours" . Telle est ma vision !