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La TAP en grève pour les fêtes de fin d'année ?


Décidément la privatisation aura bien du mal à passer au sein du personnel de la compagnie portugaise TAP. Après deux tentatives avortées, la nouvelle proposition formulée par le gouvernement ne séduit pas les salariés qui appellent, via leurs syndicats, à une grève dure pendant les fêtes de fin d'année. Et pour l'éviter, la revendication est simple : suspendre le projet de privatisation pour mettre un terme à un mouvement social qui paralyserait totalement la compagnie du 27 au 30 décembre prochain.



Cette nouvelle grève, qui pourrait coûter près de 8 millions d'euros par jour à la compagnie, aurait aussi des effets désastreux sur l'économie du pays. Des voix se font entendre auprès du gouvernement pour qu'une solution rapide soit trouvée afin d'éviter le blocage aérien du pays et les liaisons vers le Brésil, première destination du groupe.

Lors de la dernière tentative de privatisation, on avait déjà évoqué la possible arrivée d'Etihad ou d'Emirates au sein du capital de la TAP. Pendant un moment, le dossier était destiné à la Lufthansa ou à British Airways. Deux compagnies qui ont clairement fait savoir qu'elles n'étaient pas intéressées par l'offre.

Tous les proches du dossier estiment que le passif de la compagnie - aujourd'hui évalué à près d'un milliard d'euros - est un frein évident à la reprise du transporteur aérien. Pour autant, le gouvernement a été particulièrement clair: il ne recapitalisera pas à l'entreprise avant la vente quitte, selon des sources gouvernementales citées par la presse portugaise, à mettre un terme à l'exploitation commerciale de la compagnie portugaise. Une menace irréalisable pour la majorité des spécialistes.

Les syndicats parlent de "chantage politique" et l'estiment d'autant plus "inacceptable" que le parti au pouvoir et l'opposition se heurtent violemment sur les mesures à prendre très rapidement pour permettre une relance de la compagnie. Cette guerre sur fond d'élections législatives à venir pourrait compromettre la recherche d'un nouvel investisseurs. Globalia (qui possède déjà Air Europa) reste prudente mais se dit intéressée par le dossier qui lui permettrait de constituer un vrai réseau à l'international. Mais le groupe a été clair: pas question de reprendre la dette en l'état avec une épée sociale sur la tête. Il reste à savoir si l'un des possibles repreneurs déclarés, David Neeleman, le créateur de la compagnie brésilienne Azul, maintiendra son offre. Pour lui, "il faut que le gouvernement portugais s'engage et vite, faute de quoi il retirera son offre". Un seul point commun à toutes ces positions: l'urgence à faire quelque chose!