Grève Air France : Jean-Marc Janaillac organise un referendum et met son poste en jeu

Face au diktat des pilotes, et à leur refus d’organiser un référendum sur les propositions de la direction, Jean-Marc Janaillac, PDG d’Air France, a décidé de lancer une consultation auprès de l'ensemble des salariés. Cette consultation par vote électronique débutera le 26 avril et se terminera début mai. Elle invitera l'ensemble des salariés de la compagnie à se prononcer sur l'accord proposé le 16 avril 2018.

Les propositions d’Air France ne bougent pas : des augmentations générales de salaire de 7% sur 4 ans, s'ajoutant aux augmentations individuelles. Cet accord basé sur un "pacte de croissance pour l'avenir" doit permettre à la compagnie de poursuivre la croissance engagée ces deux dernières années. Ouvert à signature des organisations syndicales représentatives jusqu'à aujourd'hui, vendredi 20 avril à 12h, cette proposition n'a pas reçu les signatures majoritaires nécessaires.

Avec un coût de la grève estimé à ce jour à 220 millions d'euros, Jean-Marc Janaillac sait que sans une rapide reprise du travail, la compagnie repartira dans le rouge. Et d’en tirer des conclusions: "J'assumerai personnellement les conséquences de ce vote". Comprenez, je quitterais mon poste. Une menace ? Non, un simple constat d’impuissance face à un syndicat des pilotes intransigeants qui, depuis des années, empêchent toutes les avancées de la compagnie.

Jean-Marc Janaillac est clair : "Malheureusement, Air France n’a pas les moyens d’augmenter ses coûts. Nos partenaires sociaux doivent cesser de vivre dans un passé révolu. Il serait totalement destructeur d’augmenter nos coûts de manière trop brutale. Je le regrette, mais Air France n’est pas assez forte. Quand j’ai pris la tête d’Air France j’avais le sentiment de pouvoir apporter le renouveau. Je ne peux pas accepter sa destruction". Le PDG de la compagnie conclut sans ambiguïté: "Je ne peux accepter le gâchis en cours alors même qu'une très large majorité des salariés est non-gréviste". Une décision qui intervient au moment même ou le rôle de Philippe Evain, Président du SNPL, est fortement remis en cause par les pilotes qui lui reprochent un "jusqu’au boutisme incompréhensible".