Une directive de navigabilité pour l’A320neo

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L'EASA vient d’émettre une directive sur la navigabilité touchant les avions de la famille A320neo. En cause, une possible évolution soudaine d’incidence de l’avion dans une phase de vol bien définie.

L’agence de sécurité aérienne européenne a émis le 31 juillet, une directive qui fait suite à celle publiée le 18 juillet qui concernait un problème potentiel de changement d'incidence brutal sur la famille A321neo (voir notre article du 18 juillet 2019. Dans ce document, l’EASA demande à ce que les exploitants mettent à jour le manuel de vol des avions concernés et qu'ils informent les pilotes sur les procédures et les actions à entreprendre en cas de constatation d’une variation brutale d’incidence en phase finale d’approche. Tout comme pour l’A321neo, l’EASA déclare qu'il s'agit d'une précaution à prendre et non d’une action liée à des accidents qui serait dictée par la coordination de quatre facteurs à savoir : avion centré arrière, décélération continue, configuration atterrissage et sollicitation soudaine des commandes par un ordre des pilotes. Dans ces circonstances, l'avion peut faire face à une situation de tangage non désirée hors des limites définies dans les manuels de l'avion. Contrairement aux 737 MAX, l'A320neo permet aux pilotes d'intervenir manuellement pour stabiliser l'avion. Pour mémoire, le logiciel MCAS des 737 MAX destiné à éviter une mise en décrochage de l’avion et mis en cause dans les deux derniers accidents mortels, est un système automatisé inhibant l'intervention humaine dans les situations de vol pouvant conduire à un décrochage de l’avion. Ce logiciel était alimenté, entre autres, par une sonde dite AOA (Angle of Attack) qui donnait des valeurs erronées (d'autres problèmes interviennent dans ces deux accidents pour lesquels les enquêtes et les rapports d'accident sont en cours de rédaction). Cette directive ne met pas en cause la sécurité des A320neo. Elle est consécutive à une batterie de tests réalisés afin de s’assurer que les appareils du constructeur européen sont affranchis des risques rencontrés par les 737 MAX de Boeing. Tous les jours, des « bulletins services » sont publiés et des directives émissent par des organismes indépendants tombent sans pour autant intervenir après un accident ou un incident. C’est ce qui permet de sécuriser le transport aérien d'aujourd’hui et d’éviter les problèmes rencontrés par le constructeur américain.