Le séjour corpo post-Covid selon Accor : RSE et bleisure

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Le séjour corpo post-Covid selon Accor : RSE et bleisure

Saskia Gentil, senior VP Sales chez Accor, revient sur une étude que son groupe a réalisée à propos du voyage corpo.

Accor vient de réaliser une étude sur le séjour corpo. Avant d’y venir, quels sont les chiffres Accor sur ce segment de clientèle ?

Saskia Gentil : Nos chiffres sont précisément issus de l’étude et datent de la fin du premier semestre 2023. Nous étions à 76% des volumes corpo de 2019. Le différentiel n’est pas mince mais c’est +10 points par rapport à la même période 2022. Mais en termes de revenus, on est près de 2019, en raison de la hausse des tarifs.

Cette étude, est-ce le signe que cette clientèle corpo nourrit vos inquiétudes ?

On a été bousculé durant cette crise et la clientèle corpo a été la plus impactée et son retour se fait plus difficilement que la clientèle leisure, c’est sûr. Mais cette étude, c’est surtout le signe d’une volonté de faire un stop alors que la demande corpo revenait fort début 2023 et de s’interroger sur les nouvelles tendances en la matière. C’est important dans un contexte de nouvelle organisation du travail, de généralisation de la visio, de redéfinition de l’équilibre vie pro/vie perso…

Le premier enseignement est qu’il y a de quoi être optimiste puisque 57% des personnes interrogées prévoient une augmentation des voyages professionnels dans les mois à venir. 

Ce chiffre relève certainement d’un phénomène de rattrapage. Avez-vous constaté des tendances plus profondes ?

Pas uniquement un rattrapage. Ce chiffre comprend les déplacements individuels mais aussi le MICE et, dans ce domaine, il y a plusieurs tendances qu’on considère comme pérennes. Deux choses notamment : le flex office, le télétravail qui encouragent des événements incentive plus fréquents; et l’hybridation des meetings internationaux : plutôt qu'un site unique, trois sites entre eux, par exemple.

On imagine que la RSE fait également partie des tendances repérées…

Oui. Les voyageurs et les entreprises sont très concernés par le sujet. On constate aussi que le niveau d’intérêt varie selon l’origine nationale de l’organisation et son domaine d’activité. Typiquement, une entreprise allemande du secteur automobile sera très impliquée. Leur industrie est tellement scrutée sur ces sujets que ça cascade et ça atteint très largement la PVE.

Mais globalement, toutes les entreprises s’y mettent : dans les appels d’offre, on a désormais beaucoup de questions à ce sujet. Et pour y répondre, nos hôtels doivent posséder les bons instruments de mesure - c’est le cas aujourd' hui pour 70% d'entre eux. Mais ils sont améliorables, c'est un travail de longue haleine. Il y a des choses qu’on peut  faire - et qu’on a fait - rapidement - tel que le zéro plastique à usage unique (peigne, bouteilles, pantoufles…). Et on a créé un outil zéro net carbone.

En la matière, l’AI est très intéressante. A titre d'exemple, le Novotel Schilpol est pilote pour un outil avec une balance qui scanne les résidus de repas avec leur équivalent carbone.

La RSE des PVE, c’est aussi moins de voyages et des séjours plus longs. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour vous ?

Ce n’est ni une mauvaise, ni une bonne nouvelle, c’est juste une situation à laquelle il faut qu’on s’adapte et qui comprend des opportunités. Ces voyages professionnels plus longs peuvent plus naturellement se prolonger en séjour perso, et on en vient à une autre grosse tendance qu’on a pu constater : le bleisure. Pour répondre à cette appétence à laquelle on croit, des offres commerciales vont être construites, on y travaille.  Avec en tête, au-delà des deux nuitées supplémentaires du week-end, une expérience client particulière, à mettre en relation avec les partenaires de notre programme de fidélité ALL (activités culturelle, sportive, spa & wellness).