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EBACE 2015, l’aviation d’affaires en berne à Genève


Dans un marché discret par excellence, il est toujours complexe d’avoir des données économiques précises sur les transactions, souvent discrètes, entre vendeurs et acheteurs de jet d’affaires. Si le chiffre des immatriculations était en hausse de 6,5% en 2014, 2015 s’annonce plus morose avec une chute des ventes de près de 14%.



Pour Pete Bruce, président de l'association des constructeurs d'aviation générale Gama, le marché de l’aviation d’affaires «révèle la réalité de l’économie mondiale». Et pour ce spécialiste, l’offre n’a jamais été aussi équilibrée qu’aujourd’hui dans tous les segments du marché : de l’avion d’entrée de gamme au jet de luxe.

Si 2014 avait été une parenthèse heureuse après cinq années de crise, avec 722 appareils livrés contre 678 en 2013, l’avenir semble incertain pour ne pas dire sombre. A Genève, les professionnels réunis dans le cadre du salon EBACE qui se déroule jusqu’au 21 mai, confirment la stagnation du marché et la baisse sensible des commandes d’entreprise.

«Un avion privé à destination de quelques privilégiés dans l’entreprise est souvent mal perçu en Europe par le personnel qui interprète cet achat comme une provocation face aux difficultés des salariés», explique Adriano Piolini, consultant italien spécialisé. Et de fait, la location et devenue la règle pour déplacer les équipes du top management. Achat d’heures ou missions contractuelles viennent compléter les lignes régulières. Et notre spécialiste de conclure «il n’y a que très peu de villes qui ne sont plus desservis en Europe par des lignes régulières. A l’époque où l’on impose la contrainte aux voyageurs, l’exemplarité est devenue une arme ».

Et le marché a compris le besoin des entreprises en proposant des tarifs entre 2000 et 3000 € de l'heure. Mieux, il s'adapte de plus en plus à l'utilisation partagée d'un avion. Une sorte de marché collaboratif, très tendance aujourd'hui.