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Jeudi 5 Janvier 2012

Guillaume Pepy (SNCF) veut reclasser les 880 salariés de SeaFrance



Face au naufrage annoncé de SeaFrance, c’est au tour de Guillaume Pepy de reprendre la main. Dans une déclaration faite mercredi 4 décembre au soir, le patron de la SNCF a proposé un reclassement du personnel en cas d’échec de la Scop proposée par la CFDT. L’arrivée possible de ces 880 nouveaux cheminots, au moment même où la SNCF parle d’économies, voilà qui surprend.



Guillaume Pepy (SNCF) veut reclasser les 880 salariés de SeaFrance
Pour Guillaume Pepy, cette offre « n’est pas nouvelle et aurait déjà été faite aux salariés ». Pour mémoire, la SNCF est actionnaire de SeaFrance. Et le Président d’ajouter « qu’il n’y aurait pas une seule journée de chômage avec cette solution ». Si la proposition séduit quelques salariés, une grande partie d’entre eux refuse de quitter Calais. « Beaucoup ont des prêts immobiliers et des engagements familiaux » a commenté Didier Capelle, secrétaire général CFDT du syndicat maritime nord. Face à cette situation complexe, la CFDT maitient son objectif de Scop en se basant sur la vente d’un bateau qui permettrait de relancer l’activité de ceux en exploitation. Beaucoup d’experts jugent cette proposition « peu réaliste » car la vente de l’outil de travail pénaliserait l’exploitation quotidienne.



1.Posté par PAT le 05/01/2012 08:45
Il est gentil Pepy !

Mais c'est pourtant une obligation légale de rechercher un reclassement dans le groupe. Puisque projet de licenciement il y a dès lors que l'étape finale de la liquidation est envisagée, tout emploi disponible du groupe SNCF devrait d'ores et déjà être réservé. De même pendant un an au titre de la priorité légale de réembauchage.

Rien que la maison mère (EPIC) embauche 3 000 ou 4 000 personnes par an (ce qui ne l'empêche pas, bon an, mal an, d'en supprimer autant). En outre SNCF, ce n'est pas seulement le périmètre de l'EPIC (160 000 personnes), mais un groupe à savoir environ 700 entreprises dans une cinquantaine de filiales, générant 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires et employant près de 235.000 collaborateurs dans 120 pays. Pour 880 salariés, il y a donc de la marge... sur le papier du moins.

En 2003, SNCF (on disait LA sncf à l'époque) avait déjà été appelée à la rescousse par le ministre des transports (un certain de Robien ...) pour reclasser les salariés de la compagnie aérienne AIR LIB en déconfiture. Celle-ci n'était pourtant pas, ni de près, ni de loin, dans le giron SNCF. Pour être complet, AIR FRANCE fut mise aussi à contribution, c'était la moindre des choses (encore que les lecteurs de ce billet ne sont pas forcément d'accord !). Je serais curieux de savoir ce que ces salariés là sont devenus.

SNCF n'est pas une entreprise comme une autre. Bénéficiaire quand on veut, déficitaire quand on veut. A la disposition de sa tutelle. Pourquoi pas ? Mais que ce soit clair, transparent et politiquement assumé.

Pour revenir aux salariés potentiellement à reclasser de SeaFrance, je serais curieux qu'un bilan chiffré soit fait lorsque l'entreprise aura quitté les feux de l'actualité. On en retrouvera sans doute au mieux une centaine en tout et pour tout au sein de SNCF maison-mère et à peu-près autant dans l'une ou l'autre des entreprises du groupe (GEODIS ou KEOLIS notamment). Quant aux autres... on dira qu'ils n'ont pas accepté d'être mobiles professionnellement et géographiquement.