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Jeudi 22 Avril 2010

"Nos ministres annoncent le retour des Français bloqués dans les 48h. Savent ils de quoi ils parlent ?"



Alors que le ciel européen est à nouveau ouvert et que la crise touche à sa fin, la gestion du rapatriement des voyageurs semble ne pas poser problème aux compagnies aériennes, ni au gouvernement, qui assurent tous deux que chacun sera rentré chez soi dans les plus brefs délais. Mais sur le terrain, la situation est toute autre, comme l’explique le patron d’une agence dont les voyageurs coincés en Inde ne se voient offrir que peu d’assistance de la part d’Air France.



Photo : Benoit Granier/Matignon
Photo : Benoit Granier/Matignon
Irvin Rozental, président de Groupe Vision, donne un son de cloche bien différent des versions officielles en terme de gestion des français bloqués à l’étranger : «Nos ministres de tutelle nous annoncent le retour de tous les Français bloqués à l’étranger dans les 48 heures. Savent ils de quoi ils parlent ?». Avec près de 250 passagers voyageant avec Air France bloqués en Inde, l’agence ne se voit proposer aucune alternative pour rapatrier ses voyageurs, et subit le manque de coordination de la compagnie avec ses plateformes à l’étranger. «Air France nous annonce aujourd’hui ne pas pouvoir assurer les retours avant le 29 avril, en fonction des places disponibles, et sans réservation. Alors que sur place Air France annonce aux passagers des retours a partir du 2 Mai, et au fur et a mesure des places disponibles, toujours sans aucune garantie de réservation. Faut-il qu’on les amène à l’aéroport chaque jour, dans l’espoir d’une place vide ?». Nous somme bien loin des délais promis par l’Etat et les compagnies. «A raison d’une dizaine de places par jour, si nos clients savent jouer des coudes et se présenter devant les guichets avant les autres, cela demandera un mois. Et les autorités Françaises sur place disent ne pouvoir rien faire», ajoute-t-il.

Pendant ce temps là, le coût du séjour est laissé à la charge des participants. Et l’agence affirme que les hôteliers de Delhi en profitent pour augmenter leurs prix jour après jour en fonction de la demande. Pour Irvin Rozental, cette situation etait acceptable tant que les aéroports Français n’avaient pas rouvert leurs portes. «Mais a partir du moment ou des vols peuvent se poser en France, au-delà de deux ou trois jours de réorganisation, comment expliquer cette situation aux clients ?».