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Quand les pilotes marchent pour notre sécurité


C'est aujourd'hui, ce mardi 22 janvier, que les pilotes de ligne veulent sensibiliser les voyageurs et les responsables politiques sur les dangers de la fatigue en vol. Une grande marche européenne est organisée pour dénoncer le projet de l'AESA (Agence Européenne de la Sécurité Aérienne) qui vise à refondre les temps de travail des personnels navigants. Le sujet est complexe et difficile tant les oppositions des uns et des autres brouillent le message.



N'étant pas pilote, je ne me lancerais pas dans l'approche (parfois confuse car trop "jargonnesque") de la réalité quotidienne d'un pilote. Pour les uns, ils travaillent trop peu mais intensément. Pour les autres, il faut réduire les cadences qui, sans être infernales, sont dangereuses. Il y a eu pas mal d'études sur le sujet. Toutes reconnaissent que la complexité du métier de pilote ne se prête pas à toutes les fantaisies horaires. Mais voilà, entre un long courrier et un Paris Nice, les différences, quoi qu'en disent les personnels concernés, est bien réelle. Entre une nuit passée à regarder avec attention les cadrans d'un Paris Singapour et un vol d'une heure, quasi routinier selon certains, y a t-il fatigue commune ?

Pourquoi les pilotes protestent-ils ? A jute titre d'un texte qui renforce leur temps de vol et leur ajoute des tâches supplémentaires. Notre sécurité est importante et, beaucoup le soulignent, "Ceux qui font les textes sont rarement dans les cockpits". Mais au delà, il y a des questions qui se posent. Emirates, Qatar ou Etihad demandent à leurs pilotes de voler plus longtemps que ceux d'Air France. Et pourtant, sur les 5 dernières années, c'est Air France qui est 41ème au classement de la sécurité aérienne. Les autres compagnies citées restent dans le peloton de tête des compagnies bien notées. Bien sûr, les réclamations des pilotes sont légitimes et compréhensibles, mais pour le grand public il faut plus d'explications simples et concrètes. Pas des généralités qui brouillent le message.

Piloter un avion est complexe et demande de l'attention, personne n'en doute. Mais rendre suffisamment précises les raisons du mouvement comme celui d'aujourd'hui est obligatoire. Pourquoi ne pas éditer des fiches pratiques sur le métier de pilote ? Pourquoi ne pas organiser des tables rondes "grand public" sur le sujet ? Pourquoi, enfin, ne pas créer un site internet qui expliquerait simplement le noble métier de pilote de ligne... Ses contraintes, ses atouts. Toute forme de corporatisme nuit à la bonne compréhension des évolutions attendues par un métier tout entier. Les voyageurs qui posent toute leur confiance sur vos épaules deviendraient alors des relais médiatiques et politiques indispensables. Aujourd'hui, seule la vision de "nanti" accompagne le métier de pilote. Un peu court jeune homme. Mais la faute à qui ?

Marcel Lévy

Mardi 22 Janvier 2013


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