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Rynair : l'Europe pourrait avoir la peau de la compagnie d'ici dix ans


Le vote est passé presque inaperçu en France, pourtant un texte concernant le respect du droit du travail dans chacun des pays européennes a été voté à l'unanimité par le parlement européen. Il détermine clairement que l'ensemble du personnel doit être soumis aux règles sociales dans le pays ou "débute et termine le service engagé au titre de l'employeur" En ligne de mire, Ryannair qui exploite sous droit irlandais, très favorable à l'employeur, du personnel européen réparti dans les différents états de la communauté. Une victoire, selon le personnel de la compagnie irlandaise. Une déclaration de guerre pour Michael O'Leary.



Rynair : l'Europe pourrait avoir la peau de la compagnie d'ici dix ans
Finies donc les hôtesses roumaines ou hongroises trilingues embauchées en temps partiel à 550 € par mois. Du moins... d'ici dix ans, car c'est le temps donné par l'Europe à toutes les entreprises qui ne sont pas en règle et qui doivent travailler à une application "totale et sans réserve" de ce texte. Pour le Tchèque Milan Cabrnoch, député européen et membre du Groupe des Conservateurs et Réformistes européens, cité par PCN Contact, ce vote "va permettre un meilleur fonctionnement du marché intérieur en améliorant la protection sociale d’un grand nombre de travailleurs mobiles tels que le personnel navigant des compagnies aériennes et les indépendants frontaliers". Adopté par 540 voix pour, 19 contre et 30 abstentions, la décision devra, pour être complète, redéfinir également la notion de "mission sur place", c'est à dire donner une lecture sociale des règles à respecter en fonction des lois émises dans les différents pays européens. De son côté, le Syndicat National des Pilotes de Ligne "se félicite de l’adoption de ce règlement pour lequel il a œuvré depuis plus de trois ans. Il continuera de s’opposer vigoureusement à toutes les compagnies qui ne se conforment pas à la législation applicable".
Si Raynair a déjà fait connaître son opposition à ce texte, qu'elle attaquera sans doute devant la cour de justice européenne, Easyjet a confirmé qu'elle était en règle depuis des années, après avoir été condamné par la France pour le non respect du droit du travail. Selon la presse irlandaise, qui cite des sources proches du dossier, Michael O'Leary se demanderait pourquoi l'on veut la peau de sa compagnie qui est "le premier service public européen et qui a su démocratiser l'avion". Certains médias évoquent l'idée de représailles de la part de Ryanair, comme le refus d'embarquement pour les députés européens, clients de la compagnie. Ce qui est certain c'est que cette décision devrait coûter cher aux clients eux mêmes qui devront financer le surcoût des dépenses sociales. Michael O'Leary le pense et le dit "Ceux qui auront le plus à perdre si nous disparaissons du paysage aérien, ce sont les voyageurs qui devront voter intelligemment aux prochaines élections européennes pour défendre leurs intérêts"