Le ministre Guinéen des Transports, Elhadj Ousmane Bah, avait réservé une place sur
Sénégal Airlines, le 31 janvier, pour rentrer chez lui à Conakry (capitale de la Guinée). Selon le journal
Le Populaire, il est arrivé à l’aéroport de Dakar 20 minutes après l'heure officielle de fin d’enregistrement. Un stagiaire a pris tout de même en charge le passager tardif. Mais le jeune apprenti, pas très au fait encore des procédures ou bien empressé de satisfaire l’imposant voyageur, a brûlé les étapes et enregistré le politicien avant de prévenir le commandant de bord comme le veut le règlement. Sauf qu’entre temps, les portes de l’avion avaient été fermées. Mis alors au courant de la situation, le pilote a refusé de prendre le retardataire et s’est préparé à décoller. Mais en bout de piste, l’équipage s’est vu intimer l’ordre de faire demi-tour. Entre temps, Elhadj Ousmane Bah avait joint par téléphone quelques personnes haut placées pour les prévenir que si l’appareil partait sans lui, il ne serait pas autorisé à se poser à Conakry. Un argument de poids qui lui a permis de monter à bord… Néanmoins, le conflit entre les deux hommes n’en est pas resté là. Parvenu finalement à destination avec les autres passagers (avec tout de même une heure de retard), le dignitaire guinéen a exigé des excuses publiques de la part du navigant pour avoir voulu partir sans lui. Le pilote a tout simple refusé. Face à sa réponse négative, son avion a été bloqué 2h30 sur la piste guinéenne avant de pouvoir redécoller vers Dakar. Et si le ministre a lui pu arriver à bon port (ou plutôt bon aéroport), les passagers qui se rendaient au Sénégal pour prendre un vol
Iberia ont quant à eux loupé leur correspondance. Aucun ne devait avoir un joker «appel à un ami» aussi puissant que celui du ministre des Transports guinéen.