Air France-KLM : Que se passe-t-il au sein du groupe ?

Après avoir annoncé l'augmentation de sa participation au capital d'Air France-KLM, les Pays-Bas ont créé la surprise au sein du groupe et la stupéfaction côté Français. Explications avec nos confrères de l'Echo Touristique.

Nous vous l’annoncions mercredi matin, le ministre néerlandais des Finances, Wopke Hoekstra, a déclaré mardi que l'Etat avait déjà pris une participation de 12,7% pour 680 millions d'euros (774 millions de dollars) et avait l'intention de l'augmenter à environ 14%. L'État français détient 14,29 % du capital de la nouvelle société créée en 2004. La montée express au capital est vécue comme une opération à la fois « inamicale » et « surprenante », a estimé mercredi une source au ministère français de l’Economie. « Je prends acte de cette prise de participation du gouvernement néerlandais, qui s’est faite sans information du conseil d’administration ni du gouvernement français, a pour sa part déclaré Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie. Je réaffirme mon soutien à la stratégie de l’entreprise et de son management. Il est essentiel de respecter les principes de bonne gouvernance et qu’Air France-KLM soit géré dans l’esprit de son intérêt social sans interférence étatique nationale. »

Cette opération intervient après des frictions sur l’avenir du patron de KLM, Pieter Elbers, que le conseil d’administration du groupe Air France-KLM a finalement proposé de reconduire dans ses fonctions le 19 février. Les dirigeants de la branche néerlandaise avaient manifesté début février leur inquiétude quant au non-renouvellement du mandat de leur patron en avril, et averti que le personnel pourrait faire grève. La nomination de Ben Smith au conseil de surveillance de KLM a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase dans le camp hollandais, hostile depuis la création du groupe en 2004 à l’entrée du patron exécutif d’Air France-KLM dans son conseil. Derrière cette nomination se joue en effet la fin de l’autonomie de KLM. [...]

« Avec cette acquisition, le gouvernement néerlandais veut pouvoir influencer directement le développement futur d’Air France-KLM afin d’assurer de la meilleure façon possible l’intérêt public néerlandais », a précisé Wopke Hoekstra. Ce qui peut paraître logique. Depuis de trop nombreuses années, le groupe et donc indirectement KLM pâtit des grèves d’Air France. En 2018, avec un résultat d’exploitation de plus d’un milliard d’euros, KLM a réalisé près de 80% du résultat du groupe.

L’opération financière s’est faite en deux jours, et la direction d’Air France-KLM n’a rien vu venir. Cette dernière a été prévenue seulement une heure avant la conférence de presse. Seules les deux chambres du Parlement des Pays-Bas avaient bien été informées de l’initiative.

Rappelons qu’Air France et KLM ont fusionné en 2004. Que c’est un groupe français, avec son siège à Paris et coté à la Bourse de Paris. Air France-KLM a le pouvoir de contrôle de KLM, c’est prévu dans les accords de fusion qu’avait acceptés le gouvernement hollandais en 2003. Et depuis 2007, le patron d’Air France-KLM nomme cinq des neufs administrateurs du conseil de KLM.