Neige : petit mémo du voyageur d’affaires prudent sur la route

Pas question d’annuler ses rendez-vous d’affaires quand la neige s’accumule sur les routes ? Il reste à observer les mesures de prudence recommandées par Bison futé… et à garder un brin de bon sens… Voyage guidé sur les routes enneigées, verglacées voire impraticables !


1 - Vérifier sa voiture

Neige : petit mémo du voyageur d’affaires prudent sur la route
A priori vous êtes sensés, avant l’hiver, avoir vérifié quelques éléments clés du véhicule en cas de grand froid :
- la batterie
- les systèmes d'allumage et d'alimentation.
- les systèmes de chauffage, de dégivrage et de refroidissement qui doivent être en bon état de fonctionnement.

En période de gel, il importe également de :
- vérifier les niveaux d’antigel et du liquide de lave-glace (utilisez du lave glace antigel supportant les températures négatives jusqu’à –25° C).
- changer les balais d'essuie-glace si nécessaire car ils se dégradent encore plus rapidement sous l’effet du givre.
- maintenir toujours votre réservoir d'essence le plus plein possible afin de réduire la condensation, et surtout afin d’éviter d’être pris au dépourvu si vous vous rendez dans un endroit isolé.

Si possible, choisir un carburant qui ne gèle pas par grand froid.

Cela peut sembler dérisoire, mais avez-vous par ailleurs vérifié vos accessoires ?
- raclette, balayette, produits de dégivrage du pare-brise ou des serrures ;
- chiffon permettant de nettoyer régulièrement les vitres et les phares de votre véhicule, car une bonne sécurité passe aussi par une bonne visibilité ;
- produits de protection des joints de portière ;

2 - Des équipements spéciaux

Contrairement à l’Allemagne ou à la Suisse, où ils sont obligatoires pour circuler en hiver, les pneus neige – qui améliorent considérablement l’adhérence – ne sont pas obligatoires en France quand les températures baissent. Leur avantage : ils disposent d’une nature de gomme qui reste souple à basse température, avec des rainures permettant à la fois l’accrochage sur les surfaces glissantes et l’évacuation de l’eau et de la neige au roulage. Ils limitent également les distances de freinage. De quoi demander à son employeur d’en équiper une voiture de fonction, il peut difficilement s’y opposer si ledit véhicule fait partie de votre panoplie professionnelle. Attention, il faudra les retirer dès que la température moyenne dépasse 7°, où ils deviennent plus fragiles que les pneus classiques.

En cas de neige abondante et lors de déplacements sur des routes non déneigées, il peut être utile à certains de disposer de chaines, surtout en montagne. Le principe : une chaine qui, en s’enroulant autour de la roue, fonctionne comme une paire de crampons. Mais attention : elles ne peuvent être utilisées qu’à allure réduite, seulement sur la neige, et obligatoirement sur au moins deux roues motrices du véhicule.

3 - Déneiger la voiture

Un carton fort suffit à déblayer les vitres : pare-brise, lunette arrière, vitres latérales, rétroviseurs, sans oublier les phares et feux. Mais aussi le capot et le toit : un véhicule qui roule avec de la neige sur le toit, cela peut faire sourire les autres conducteurs mais également les surprendre si les paquets de neige s’envolent sur leur pare-brise ou, pire, sous les roues de la moto qui le suit. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’en Suisse, il est strictement interdit de rouler voiture enneigée, et l’amende peut être salée. Rien de tel en France mais le bons sens veut de donner un petit coup de raclette si votre véhicule dort dehors.

Si le gel s’est ajouté à la neige, le grattage s’impose. Avec le dégivrage, cela va plus vite. Bien sûr, laisser le moteur allumé n’est pas très écologique, mais la ventilation au maximum est un secours précieux pour vous aider, sans oublier le dégivrage arrière. Et à vous le grattoir. Pas question en effet d’utiliser de l’eau chaude qui risque de faire exploser le pare brise (choc thermique) et re-gèlerait plus tard. L’idéal : avoir dans son véhicule un pulvérisateur, rempli pour moitié d’eau froide et à moitié d’alcool ménager. Ou de produit lave-vitre spécial – 20° (mais c’est plus cher). Pulvérisez généreusement le pare brise et les parties gelées (serrures, essuie-glaces, rétroviseurs, joints de porte…), ils dégèleront instantanément, et ne regèleront pas grâce à l’alcool.

4 - Vérifier les conditions de trafic

Avant de partir, quel est l’état des routes ? Il se vérifie :

- Pour l'ensemble du réseau routier national consultez le site www.bison-fute.gouv.fr ou appelez le 0800 100 200 (appel gratuit depuis un poste fixe).
- Pour les autoroutes concédées, consultez le site www.autoroutes.fr
- Pour les autoroutes non concédées et les routes nationales, connectez-vous au réseau des DIR (directions interdépartementales des routes) et de la DiRIF (Direction des routes Ile-de-France).
- En île de France sur le site dédié sytadin

5 - Adapter sa conduite

Oui, bien sûr, cela peut vous sembler élémentaire, mais qui n’a pas oublié les consignes de prudence un jour de rendez-vous ? Les conseils de Bison futé :

- Suivez les conseils de prudence diffusés sur les ondes et sur les panneaux à messages variables.

- Roulez lentement et prévoyez plus de temps pour vous déplacer : très souvent, les dérapages ont lieu lorsque le conducteur roule trop vite compte tenu de l’état de la chaussée. En cas de neige, de verglas ou de pluie, adaptez votre vitesse à l'état de la route et, en tout état de cause, ne dépassez pas les limitations qui sont abaissées lorsque la chaussée est mouillée : 110 km/h sur autoroute (au lieu de 130 km/h), 100 km/h sur les rocades (au lieu de 110 km/h), 80 km/h sur les routes hors agglomération (au lieu de 90 km/h).

- Allongez de façon significative les distances de sécurité car il faut plus de temps pour s’arrêter sur chaussées glissantes. À 50 km/h sur route sèche, il faut 28 m pour arrêter son véhicule et 70 mètres à 90 km/h. En cas de visibilité réduite, la distance entre 2 véhicules ne doit pas être inférieure à 50 mètres.

- Prenez garde aux mauvaises conditions de visibilité : en hiver, quelle que soit l'heure de la journée, la luminosité est globalement plus faible et la perception de l'environnement plus difficile. Soyez particulièrement attentifs aux usagers vulnérables (conducteurs de bicyclette, souvent mal éclairés, conducteurs de deux-roues motorisés ou piétons généralement vêtus de sombre en cette saison). Si la visibilité est inférieure Si la visibilité est inférieure à 50 mètres, la vitesse ne doit pas excéder 50 km/h, quel que soit l’état de la chaussée.

- Pour être bien vu par les autres usagers de la route, allumez vos feux de croisement dès que la luminosité est insuffisante.

- Conservez une conduite souple : évitez les dépassements intempestifs, les accélérations soudaines ou les freinages brusques. Méfiez-vous des zones de décélération (carrefour, virage, bretelle, descente…) où les risques de perte de contrôle du véhicule en cas de verglas sont particulièrement importants.

- Anticipez les risques en regardant loin devant vous, en repérant les zones délicates plus exposées au verglas (ponts, sous-bois, zones ombragées ou humides).

- Restez dans toute la mesure du possible sur les routes principales et roulez sur la voie de circulation la plus dégagée à droite (sur autoroute, laissez la bande d’arrêt d’urgence libre).

- En cas d’axe bloqué ou en approche, renoncez à poursuivre votre trajet. Arrêtez-vous en amont des difficultés. N'abandonnez pas votre véhicule, attendez les instructions des services d’intervention ou de secours. Sur autoroute, ne stationnez pas sur la bande d'arrêt d'urgence, restez sur la file de droite, sauf interdiction contraire des services d'intervention ou des panneaux à messages variables.

6 - Excuser un retard

Prévenir d’un retard ou demander le report d’un rendez-vous compromis, c’est le minimum de courtoisie, et il est bien rare que les contacts professionnels n’en comprennent pas le motif. A condition de ne pas en abuser et de prendre le prétexte de trois flocons en bataille pour annuler… Question de crédibilité.

A noter d’ailleurs que de vraies conditions difficiles peuvent aussi excuser un retard au travail et les routes bloquées, les tramways et les trains ralentis par la neige constituent de vrais motifs de retard ou d’absence que l’employeur ne peut pas reprocher, à condition que cela soit ponctuel et qu’il ait été prévenu. Le droit du travail spécifie en effet qu'en cas de raisons impérieuses, la maladie ou l'impossibilité physique de se déplacer, l'employeur ne peut considérer l'absence du salarié comme une faute. Mais tout est question de bonne foi.