Coronavirus : ces entreprises françaises présentes à Wuhan…

PSA, Renault, Valeo, Sanofi, LVMH, Suez ou Saint-Gobain… Nombreuses sont les entreprises françaises à être présentes en Chine et notamment dans la province du Hubei dont Wuhan, épicentre du coronavirus, est la capitale. Comment gèrent-elles la crise sanitaire actuelle ?

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PSA gère trois usines à Wuhan, où travaillent 2 000 employés. « 70 d’entre eux sont de nationalité française, mais, nous précise un porte-parole du groupe automobile, durant ces périodes de vacances du Nouvel An chinois, seuls 9 d’entre eux étaient dans la région au déclenchement de la crise, au total 38 personnes en comptant la famille de ces collaborateurs ».

Ce vendredi 31 janvier, en matinée, alors que l’avion de rapatriement affecté par l’Etat français est sur le point d’atterrir sur l’aéroport militaire d’Istres, il se trouve dans l’incapacité de nous confirmer la présence de ces 38 personnes parmi les 200 passagers de l’avion. « Les autorités françaises restent très discrètes sur l’identité des personnes transportées ». A défaut de renseigner sur ces collaborateurs de PSA, cette réponse en dit long sur le manque de fluidité et de transparence de l’information dans la gestion de cette crise sanitaire…

Ingénieurs, techniciens en formation, personnels de direction, le statut de ces collaborateurs sont variés. A supposer que ces personnes aient bien été rapatriées en France, la période de quarantaine imposée par les autorités sanitaires leur interdirait de reprendre leur poste ce lundi 3 février, date prévue de la reprise de l’activité des usines PSA et, plus largement des entreprises en Chine à l’issue de ce congé annuel. « L’impact serait de toute façon très limité à court terme : nos personnels chinois sont très qualifiés, ils savent faire tourner une usine ».

Personnels chinois

Mais la plupart de ces entreprises françaises n’emploient pas d’expatriés français sur leurs sites chinois. Les questions de rapatriement ne sont donc pas un enjeu mais la situation nécessite cependant un suivi et la mise en place d’outils adaptés. Ainsi, Suez Asia, la filiale asiatique du groupe français, qui compte une quarantaine d’employés dans le secteur du traitement des eaux usées ainsi qu’une quinzaine dans le secteur des déchets basés à Wuhan, a-t-elle mis en place un dispositif de gestion de crise et d’accompagnement des salariés avec « un renforcement du télétravail, ainsi qu’un contact permanent avec les équipes sur place afin d’assurer leur sécurité et la prévention en continu. » D’autre part, pour ses collaborateurs, où qu’ils se trouvent dans le monde, la restriction des déplacements professionnels depuis et vers l’Asie.  

Situation comparable chez Saint-Gobain, qui compte deux sites de production (verres de voiture Securit et mortiers Weber) à Wuhan, qui emploient 99 personnes dont aucun Français. Une désinfection de ces sites a été entreprise durant les vacances du Nouvel An, et, à la reprise de l’activité à une date qui reste à déterminer, les employés seront soumis à un contrôle de leur température et tenues de porter un masque qui leur sera distribué.

En marge de l’énumération de ces mesures, le porte-parole de Saint-Gobain nous précise : « Alors que nous sommes le 30 janvier, nous avons eu, depuis le 27 janvier, plusieurs notes internes concernant les mesures à prendre ». Une situation qui évolue vite, donc, et une phrase, prononcée par le représentant de PSA mais qui aurait pu l’être par chacune des entreprises que nous avons contactées : « L’impact économique est pour l’instant nul, vu la période d’inactivité due au Nouvel An chinois mais de toute façon, notre priorité, c’est la santé de nos collaborateurs. Et, en la matière, nous nous soumettons aux consignes des autorités sanitaires chinoises. » Signe qu’en l’occurrence, les entreprises ne peuvent agir qu’à la marge, dans le respect de décisions qui ne leur appartiennent pas.