TAP Portugal sauvée par l’État portugais mais « pas nationalisée »

L’État portugais reprend le contrôle de la compagnie nationale portugaise. L’aide publique et la recapitalisation ont été conditionnées à l’adoption d’un sévère plan de restructuration.

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L’État portugais va porter sa participation dans TAP de 50 % actuellement à 72,5 %. Dans le cadre de cette montée dans le capital, l’État va réinjecter 55 millions d’euros dans la compagnie portugaise. « Heureusement, nous avons évité la nationalisation de TAP« , s’est félicité Pedro Nuno Santos, ministre des Infrastructures au sein du gouvernement socialiste portugais. En France, on parle de nationalisation quand l’État détient plus de 50% du capital d’une entreprise.

Un accord a finalement été trouvé avec le consortium Atlantic Gateway qui détenait 45% du capital de TAP. Ce consortium était contrôlé par les hommes d’affaires David Neeleman et Humberto Pedrosa. Le premier, milliardaire américano-brésilien, fondateur de la low-cost américaine JetBlue et de la compagnie brésilienne Azul, se retire de TAP et cède la moitié de sa participation dans Atlantic Gateway à l’État portugais. Le portugais Humberto Pedrosa, patron du groupe de transport routier et ferroviaire Barraqueiro, conserve 22,5% du capital. Les 5% restants sont détenus par les salariés.

TAP a sollicité une aide publique en avril dernier, de 1,2 milliards d’euros, approuvée le mois dernier par la Commission européenne, ceci en contrepartie d’un plan de restructuration qui s’annonce douloureux. TAP Air Portugal, en pertes depuis plusieurs années, n’a pas attendu la crise actuelle pour engager un traitement de choc et un plan de relance passant par un renouvellement de sa flotte, avec notamment l’achat d’A330-900 et A321LR.

Dépendante du tourisme au Portugal, TAP est aussi très présente sur le transatlantique et notamment la desserte du Brésil, un coup dur supplémentaire car le pays est gravement touché par l’épidémie de Coronavirus aujourd’hui.