Coronavirus en Asie : risques et précautions pour les voyageurs d’affaires

Depuis le mois de décembre 2019, un virus inconnu sévit en Chine. Apparu sur un marché dans la ville de Wuhan (Province de Hubei), il a causé plus de 220 pneumonies (infection aiguë des poumons) et le décès de quatre personnes. Ce mystérieux virus appartiendrait à la famille des coronavirus et pourrait provoquer des maladies bénignes chez l’homme comme un rhume, mais aussi d’autres pathologies plus graves comme le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) qui en 2002-2003 avait fait 774 morts dans le monde.

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Pour le moment, la fièvre a surtout gagné les média et, actuellement, rien ne justifie de céder à la panique même si la situation « doit être prise sérieux« , comme nous l’explique Philippe Guibert, directeur médical régional à International SOS. « Seule l’OMS (organisation mondiale de la santé) pourra déterminer le degré de dangerosité du phénomène que l’on observe en ce moment en Chine » précise Philippe Guibert.

L’agence des Nations-Unies pour la santé va se réunir en urgence ce mercredi 22 janvier et l’on devrait donc en savoir plus sur le niveau de contagiosité, sur le mode de transmission et la durée de l’incubation. « Tous ces éléments permettront de déterminer  si c’est un événement qui va rester limité à la Chine ou si son ampleur peut être régionale ou internationale« , précise Philippe Guibert qui ajoute que « ce phénomène de cas groupés pose quand même question. »

Une chose est cependant sûre au milieu des toutes les informations, parfois contradictoires, en provenance de Chine « il ne s’agit pas d’une épidémie saisonnière. » Le virologue Vincent Enouf, qui travaille à l’Institut Pasteur ne minimise pas le risque en rappelant que « c‘est un virus à surveiller et ce qui nous manque comme information aujourd’hui, c’est de savoir si la contamination inter-humaine existe vraiment. »  On l’a vu plus haut, c’est précisément ce que l’OMS doit indiquer ce mercredi, même si en Chine des scientifiques en sont déjà convaincus.

Pour le moment, l’OMS ne préconise pas de restrictions des voyages, ni la mise en place de procédures de dépistage pour les pays concernés. A ce jour, « rien ne s’oppose à des déplacements en Chine » indique Philippe Guibert d’International SOS. Il faut malgré tout rester prudent en respectant « des règles de bon sens. » Des recommandations faciles à suivre, « éviter les endroits où l’on des trouve des animaux vivants ou morts tels que les marchés, les zoos et les parcs animaliers puisque le point de départ identifié de cette épidémie c’est un marché d’animaux vivants. » Le spécialiste de la gestion des risques ajoute qu’il faut « avoir un hygiène personnelle redoublée, lavage des mains plusieurs fois par jour et avant chaque repas avec de l’eau savonneuse ou avec des solutions de lavage hydro-alcooliques, éviter les lieux où la maladie a été signalée et aucun contact avec des personnes qui sont manifestement malades. »  

Les autorités chinoises donnent l’impression d’une « relative maîtrise de la situation », comme le souligne Philippe Guibert. « La Chine a été capable d’identifier ce coronavirus extrêmement rapidement, d’en partager l’empreinte génétique avec des scientifiques du monde entier afin de permettre le développement de tests et de méthodes de diagnostic rapide. »  Ce que le virologue Vincent Enouf confirme en indiquant qu’aujourd’hui « l’Institut Pasteur possède la séquence de ce virus et nous avons pu mettre au point des tests permettant de le détecter. »

La situation semble sous contrôle et ainsi que le précise International SOS, « il n’y a rien à voir avec l’épidémie de SRAS de 2002/2003. »  Ce syndrome respiratoire aigu sévère avait provoqué la mort de 774 personnes dans le monde.